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Médecins et euthanasie : le grand doute

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Le procès pour euthanasie à Gand sème le trouble et l'incertitude au sein du corps médical. Par exemple, plus de la moitié des médecins craignent qu'à l'avenir, leurs collègues ne soient plus disposés à donner un avis ou à réaliser une euthanasie lors d'une demande pour des souffrances psychiques dans une situation non-terminale.

30 janvier 2020

Tarois médecins comparaissent devant les assises de Gand pour l'euthanasie de Tine Nys. Tous trois courent le risque de poursuites pénales. Ce procès controversé a incité le journal du Médecin/Artsenkrant à lancer une enquête en ligne. En une semaine, pas moins de 776 médecins ont répondu à neuf courtes questions fermées. Cela montre l'intérêt que portent nos lecteurs à la thématique de l'euthanasie. Surtout en Flandre, puisque trois quarts des répondants sont néerlandophones. Ce qui n'est pas étonnant si l'on se penche sur les chiffres de la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie (CFCEE), qui recensait, pour l'année 2018, 76% de documents d'enregistrement en néerlandais pour 24% en français.

Médecins et euthanasie : le grand doute

Les résultats du sondage sont intéressants et illustrent quelques faits saillants. Par exemple, quatre médecins sur cinq estiment que le procès de Gand provoque une insécurité juridique pour le corps médical. Le pourcentage est encore plus élevé pour les médecins néerlandophones que pour les médecins francophones. Il en va de même pour l'opinion publique, soit dit en passant. 75% des médecins belges (80% côté néerlandophone pour 61% côté francophone) estiment que ce procès provoque un sentiment d'insécurité et d'anxiété pour leurs patients.

Pire encore, plus de la moitié des personnes interrogées craignent qu'à l'avenir les médecins ne soient plus disposés à donner un avis ou à réaliser une euthanasie lors d'une demande pour des souffrances psychiques dans une situation non-terminale. Un quart des médecins interrogés pensent que cela n'aura pas d'influence, et 21% en doutent.

L'euthanasie pour des souffrances somatiques en phase terminale fait par contre beaucoup moins l'objet de discussions. Plus de 80% des médecins pensent que leurs collègues continueront de prodiguer des conseils ou continueront à pratiquer l'euthanasie. Seulement 8% n'en sont pas sûrs et un sur dix pense que même dans le cas de souffrances somatiques en phase terminale, le procès dissuadera les médecins de fournir des conseils ou de pratiquer l'euthanasie.

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