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L'intestin serait impliqué dans le développement de la sclérose en plaques

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Des chercheurs allemands ont identifié la preuve d'un mécanisme potentiel qui expliquerait l'influence de l'intestin sur le développement de la sclérose en plaques. Ils ont mis en évidence le rôle d'une protéine "microbiotique", Smad7, qui devient une cible.

Luc Ruidant - 5 février 2020

On suspecte depuis longtemps l'intestin de jouer un rôle non négligeable dans l'apparition et la progression de maladies neurodégénératives et/ou auto-immunes. C'est le cas notamment de la sclérose en plaques (SEP) dont les causes sont encore mal comprises et pour laquelle il n'existe pas encore de traitement curatif. Les facteurs qui déclenchent l'attaque du système immunitaire contre le cerveau et la moelle épinière restent mal connus.

Soupçonnant que des déclencheurs environnementaux agissent au niveau de la barrière intestinale et contribuent à l'activation locale des lymphocytes T auto-réactifs et à leur migration consécutive vers le système nerveux central, une équipe de l'Université de la Ruhr à Bochum identifie, pour la première fois, un mécanisme possible.

Les chercheurs ont d'abord utilisé un modèle murin. Ils ont analysé l'action de la protéine Smad7, un inhibiteur de la voie de signalisation TGF-bêta, dans des cellules immunitaires (T) intestinales et ont comparé les symptômes de souris génétiquement modifiées pour présenter des niveaux particulièrement élevés de Smad7 dans les cellules T, et ceux de souris privées de Smad7 dans leurs cellules T, à ceux de souris "normales", surveillant si les animaux développaient une encéphalomyélite optico-spinale, maladie qui imite la SEP chez les humains.

Des symptômes cliniques marqués, "SEP-like", sont apparus chez les animaux présentant un taux élevé de Smad7 dans les cellules T. Dans les intestins de ces animaux, les cellules T sont plus fréquemment activées et migrent vers le système nerveux central où elles induisent une inflammation. Par ailleurs, le rapport entre lymphocytes T régulateurs protecteurs et lymphocytes T autoréactifs pathogènes est changé. En revanche, chez les souris exemptes de Smad7, aucun signe clinique d'une maladie similaire à la SEP n'est relevé.

Ces données ont été confirmées par l'analyse d'échantillons de tissus intestinaux de 27 personnes atteintes de SEP comparés à des échantillons prélevés chez 27 témoins en bonne santé. La protéine signal Smad7 est apparue plus fréquemment dans les échantillons de muqueuse intestinale de patients atteints de SEP que dans ceux des témoins.

Ces résultats suggèrent que Smad7 pourrait représenter une cible thérapeutique précieuse pour la SEP si on veut atteindre une tolérance immunologique dans l'intestin et supprimer l'inflammation du système nerveux central.

(référence : PNAS, 3 décembre 2019, doi : 10.1073/pnas.1905955116)

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