PremiumLe journal du médecin

Portrait-robot des non-utilisateurs des soins de santé

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Pourquoi des gens passent-ils une année entière sans avoir de contacts avec des prestataires de soins ? Les Mutualités Libres ont mené l'enquête.

20 février 2020

"En 2018, un Belge sur vingt ne s'est pas rendu chez le médecin généraliste, le dentiste ou à l'hôpital... Ce sont surtout les indépendants, les Bruxellois, les hommes et les célibataires qui constituent ce groupe de " non-utilisateurs de soins de santé", peut-on lire dans une étude des Mutualités Libres (MLOZ).

Pour l'organisme assureur, il est temps de prévoir une sensibilisation spécifique adaptée à ces profils car le manque de suivi médical comporte également des dangers. " Ne pas consulter un prestataire de soins pendant un an, revient également à ne pas bénéficier de la prévention : pas de visite de contrôle chez le dentiste, pas de vaccins, pas de conseils de santé personnalisés, etc. A long terme, cela peut être préjudiciable à la santé et également entraîner une augmentation des dépenses en soins de santé, tant pour le patient que pour l'assurance maladie. "

Grâce aux données de remboursement de ses membres, la mutualité a pu déterminer les caractéristiques qui augmentent significativement le risque de non-utilisation des soins de santé. Et de pointer quelques profils typiques : les indépendants, les hommes, les Bruxellois, les jeunes, les célibataires et les personnes à faibles revenus. En bref, le portrait-robot du non-utilisateur des soins de santé est le jeune indépendant bruxellois célibataire qui ne gagne pas bien sa vie.

Actions de sensibilisation

" Le nombre de non-utilisateurs de soins médicaux a diminué ces dernières années, passant de 7% en 2010 à 5,4 % en 2018. Nos données montrent qu'en premier lieu, un plus grand nombre de personnes se sont rendues chez le dentiste (54 % en 2014 contre 58,4% en 2018). Cette augmentation est probablement liée à la sensibilisation aux soins dentaires et à l'introduction du trajet de soins bucco-dentaires en 2016, dans le cadre duquel les personnes qui n'effectuent pas de visite de contrôle pendant un an doivent payer un ticket modérateur plus élevé. Par ailleurs, le nombre de personnes ayant consulté un kinésithérapeute a augmenté de 16,7% (2014) à 18,5% (2018). Notamment, en raison du nombre croissant de personnes en incapacité de travail pour des problèmes de l'appareil locomoteur (en particulier les lombalgies) ", commentent les MLOZ.

Les Mutualités libres estiment qu'il faut mener des actions de sensibilisation auprès des groupes cibles spécifiques, notamment dans le domaine de la prévention.

" Ces actions ciblées appellent à une collaboration encore plus étroite entre tous les niveaux politiques responsables des soins de santé. Elles requièrent également la création de points de contact uniques pour développer ces campagnes et pour familiariser les non-utilisateurs avec le monde des soins de santé, de plus en plus complexe dans notre pays ", recommandent les MLOZ.

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