Diagnostic du VIH trop tardif chez les femmes européennes

Si, à l'échelle mondiale, plus de femmes vivent avec le VIH, dans la zone européenne de l'OMS, la tendance est inversée puisqu'on constate que deux fois plus d'hommes sont diagnostiqués porteurs du virus VIH. Ces données récentes (2018) sont issues d'une étude, publiée dans le dernier bulletin Eurosurveillance, qui a collecté et analysé les caractéristiques démographiques, cliniques ainsi que les tendances chez les femmes nouvellement diagnostiquées pour le VIH en Europe. Un constat, en particulier, inquiète: le diagnostic souvent trop tardif de l'infection par le VIH chez les femmes.
En 2018, 50.000 femmes diagnostiquées VIH positives en Europe
Pour cette évaluation de la situation sur le vieux continent, les auteurs ont analysé tous les diagnostics du VIH intervenus entre 2009 et 2018 dans les 53 pays que compte la zone européenne de l'OMS. En 2018, 141.552 nouveaux cas de contamination par le VIH ont été diagnostiqués. Plus d'un tiers (35%) concernait des femmes. La plupart des femmes diagnostiquées étaient âgées de 30 à 49 ans avec un âge moyen de 37 ans.
Sur les quelques 50.000 nouveaux cas enregistrés en 2018, 86%, donc la majorité, ont été enregistrés dans la zone orientale de l'Europe qui comprend, entre autre, la Russie et les pays d'Asie Centrale. Les régions Ouest et Centrale de l'Europe représentent respectivement 12% et 2% des nouveaux cas. La transmission du virus chez la femme est quasi exclusivement d'origine hétérosexuelle (92%). Seuls 7% des contaminations sont en relation avec l'usage de drogues injectables.
Un diagnostic bien tardif chez les femmes
A travers le continent européen, 54% des femmes ont été diagnostiquées tardivement (nombre de CD4 < 350), les femmes les plus âgées étant aussi celles chez qui ce diagnostic intervient le plus tardivement. Pour les investigateurs, cette constation souligne l'importance d'améliorer l'offre de dépistage et de conseils en matière de santé sexuelle pour cette tranche d'âge particulière. De plus, la collecte continue d'informations plus détaillées sur les caractéristiques sociodémographiques, comportementales ainsi que sur les partenaires des femmes nouvellement diagnostiquées pour le VIH faciliterait une meilleure caractérisation des femmes les plus vulnérables à la contamination par le VIH et guiderait l'amélioration des politiques de prévention, notamment via un meilleur ciblage des femmes les plus susceptibles de bénéficier d'une PrEP.
Réf: Mårdh O et al. Eurosuveillance 24, consultation gratuite en ligne sur le site.