" Salariser les médecins coûterait 4 milliards supplémentaires "

Selon un rapide calcul basé sur l'ancien salaire net de Ri De Ridder qui fait cette proposition - 5.500 euros nets par mois x 50.000 médecins actifs inscrits à l'Inami, plus les frais de personnel assumés aujourd'hui partiellement par les honoraires - l'Absym calcule que transformer l'ensemble des médecins en salariés coûterait un peu plus de 4 milliards d'euros supplémentaires au contribuable.
Le Dr Ri De Ridder, ancien fonctionnaire-dirigeant du service des soins de santé de l'Inami, a proposé de salariser tous les médecins belges à un niveau " raisonnable ". Il a brandi 10.000 euros nets par mois comme un salaire n'entrant pas dans cette catégorie. De Ridder a évoqué son ancien salaire, mérité selon lui par la charge importante des responsabilités qu'il assumait à l'Inami : 5.500 euros net par mois.
Qualifiant l'ancien fonctionnaire-dirigeant de " populiste " et " démagogue ", l'Absym en infère le coût supplémentaire pour la collectivité si on suivait la proposition du Dr De Ridder de mettre le corps médical sous statut de salarié.
Provocation ? Les Chambres syndicales partent desdits 5.500 euros nets par mois, auxquels il fait ajouter la cotisation sociale patronale, le double pécule de vacances, l'assurance légale. Elles arrivent, par médecin, à un coût annuel total pour l'employeur de 198.773, 18 euros x 50.080 médecins actifs inscrits à l'Inami, soit 10.053.947 444,4 euros, ce qui revient à un coût supplémentaire de 1.465.140.444,4 euros par rapport au budget annuel des honoraires des médecins de 8.588.807.000 euros.
L'Absym ajoute ensuite les frais de personnel en émettant " l'hypothèse prudente que tous les médecins donnent 30% de leurs honoraires, soit 2.576.642.100 euros, pour payer leurs frais professionnels et les salaires de leur personnel ".
Le surcoût pour la collectivité se monte alors à 4.041.782.544,4 euros, toujours selon les calculs du syndicat majoritaire.
Qui en profite pour regretter ces temps-ci les attaques répétées contre la médecine libérale à l'acte et pour se positionner comme " seul syndicat actif dans la lutte contre la médecine étatique ", un système dans lequel le médecin n'aurait plus aucune latitude pour fixer ses honoraires.