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Les zombies du volant

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MOBILITÉ La nuit derrière son volant, on estime qu'un conducteur sur trois est entré dans sa " nuit biologique ". De quoi augmenter de 30 % le risque d'accident. Une petite sieste et un café, telles sont les seules options efficaces pour continuer à rouler.

27 février 2020

En 2019, la VSV (Vlaamse Stichting Verkeerskunde) a effectué, en collaboration avec la police locale et fédérale et Chrono@Work, une spin-off de l'université de Groningue, des mesures de somnolence sur les routes belges, sous la forme d'un test de salive. Les conducteurs belges roulant entre 10 h du soir et 2 h du matin se sont également vus soumettre un questionnaire standardisé (Munich ChronoType Questionnaire et Echelle de somnolence du Karolinska), dans lequel il devait mentionner leur niveau de somnolence.

Nuit biologique

Les échantillons de salive ont permis de mesurer le niveau de mélatonine, qui influe sur le rythme circadien. À partir d'un certain taux de cette hormone, le corps sait qu'il entre dans sa nuit biologique et qu'il est temps d'aller dormir. Pour les besoins de la recherche, la nuit biologique a été définie comme la période de trois heures précédant et suivant le plus haut pic de mélatonine. Le seuil de la nuit biologique a été fixé à 7.6 pg/ml de mélatonine dans la salive.

Chez un conducteur sur trois (33%), le taux de mélatonine attestait de la phase de nuit biologique des conducteurs. Passé minuit, 50% étaient entrés dans cette phase. Ni l'âge, ni le sexe du conducteur n'influe ici.

Sous-évaluation

Autre fait curieux révélé par le questionnaire : moins d'un conducteur sur dix reconnaît une quelconque perte d'attention au volant. Les chercheurs en concluent qu'une bonne partie des conducteurs en phase de nuit biologique sous-estiment leur attention. Sept personnes seulement (2%) ont reconnu avoir piqué du nez sur la route.

Au delà de la nuit biologique, d'autres facteurs augmentent votre somnolence au volant, comme un sommeil peu réparateur au cours de la nuit précédente ou une longue journée derrière soi. Les personnes qui sont debout depuis plus de 17 h sont, sur base de leur taux de mélatonine, certainement entré-e-s dans leur nuit biologique.

Café et micro-sieste

De nombreux trucs sont supposés soigner la somnolence au volant, comme écouter de la musique à haut volume ou ouvrir la fenêtre. Les experts remettent toutefois l'église au milieu du village : il n'existe qu'une seule manière de retrouver son attention la nuit : une courte sieste, suivie d'un bon café. Une campagne routière sensibilise actuellement les conducteurs dans ce sens.

Risques de fatigue

Selon des études commandées par l'Union européenne, la fatigue joue un rôle dans 10 à 25% des accidents. Une personne derrière un volant et debout depuis plus de 17 h court un aussi grand risque d'accident que si elle avait un taux d'alcool de 0,5 promille dans le sang. Le risque accru s'explique souvent par une combinaison de facteurs (biologiques, liés au style de vie ou au travail).

Dans l'ensemble, la fatigue nuit à l'exécution d'une tâche, car elle provoque une perte d'attention, un temps de réaction plus long, des problèmes de mémoire, une mauvaise coordination psychométrique et un moins bon traitement de l'information. La fatigue influe aussi sur la motivation à réaliser une tâche. La communication et l'interaction avec l'entourage se détériore. On est plus vite irrité et on réagit agressivement aux choses.

eCall

Les véhicules personnels sont aujourd'hui capable de prévenir automatiquement les secours en cas d'accident. Pour éviter les fausses alarmes, ces appels sont tout d'abord filtrés, en l'occurrence, depuis janvier dernier, par la société de surveillance G4S.

Depuis le 31 mars 2018, tous les nouveaux véhicules fabriqués en Europe sont équipé d'un eCall ou d'un bouton SOS. En pressant celui-ci, les passagers peuvent appeler les secours. Le système peut également s'en charger spontanément lorsqu'il détecte une accident potentiel (quand les airbags se sont déclenchés par exemple). Le système eCall envoie ainsi les coordonnées GPS du véhicule, de sorte que les secours puissent connaître le lieu exact de l'accident. Pour éviter que le numéro de secours 112 ne soit inondé de faux appels (des enfants qui appuient par inadvertance sur le bouton SMS par exemple, ou des conducteurs qui utilisent le système pour prévenir d'une panne), les autorités belges ont imposé un premier filtrage par une firme privée, depuis janvier l'entreprise G4S. Celle-ci engage quelque vingt opérateurs, qui disposent des numéros de téléphone des secours les plus proches.

" Nos opérateurs ont appris à garder la tête froide, à poser les questions cruciales à la victime ou aux témoins oculaires, et à s'assurer que les urgences seront vite sur place ", explique Julie Viaene, Surveillance Service Expert à la centrale de G4S.

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