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La pollution de l'air dans l'enfance accroît le risque de schizophrénie

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Les enfants qui grandissent pendant au moins dix ans dans des zones avec un air très pollué aurait un risque plus élevé de développer la schizophrénie plus tard dans leur vie. Le rôle de la génétique, facteur de risque connu, n'expliquerait pas pleinement cette association entre l'exposition au dioxyde d'azote et le risque accru de schizophrénie.

Luc Ruidant - 19 mars 2020

En plus d'altérer les capacités cardiovasculaires et respiratoires, la pollution de l'air fragilise aussi la santé mentale, notamment chez les enfants exposés à un sur-risque de schizophrénie, selon des chercheurs de l'Université d'Aarhus, au Danemark.

Ces derniers se sont demandé si la combinaison de l'exposition des enfants au dioxyde d'azote (NO2) et un score de risque polygénique plus élevé pour la schizophrénie pouvaient être associés au risque de développer cette maladie psychiatrique.

Pour répondre à la question, ils ont suivi 23 355 jeunes (51,3% de sexe masculin) nés au Danemark entre le 1er mai 1981 et le 31 décembre 2002, depuis leur 10e anniversaire jusqu'à leur première occurrence de schizophrénie, ou leur émigration, ou leur décès, ou jusqu'au 31 décembre 2012, selon la première de ces éventualités. Leur exposition au NO2 pendant leur enfance a été mesurée et leurs scores de risque polygénique pour la schizophrénie a été calculé.

Pendant la période de l'étude, 3531 patients ont été diagnostiqués avec une schizophrénie. Une augmentation de 10 μg / m3 de l'exposition quotidienne au NO2 dans l'enfance et une augmentation de 1-SD du score de risque polygénique ont été associés à un risque accru de schizophrénie, respectivement de 23% et 29%. Cependant, ces deux associations seraient indépendantes l'une de l'autre. "Le lien entre pollution atmosphérique et schizophrénie ne peut s'expliquer uniquement par la prédisposition génétique chez les jeunes ayant grandi dans des endroits très pollués", atteste le Pr Horsdal.

Les chercheurs ne se prononcent donc pas sur la cause du lien. Ils soulignent que d'autres études sont nécessaires avant de pouvoir l'identifier et ils ajoutent que les résultats démontrent l'utilité d'inclure les scores de risque polygénique dans les études épidémiologiques.

(référence : JAMA Network Open, 7 janvier 2020, doi : 10.1001/jamanetworkopen.2019.14401)

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