L'Ordre des médecins précise ses recommandations en cas de manque de protection

L'Ordre des médecins a publié sur son site mercredi de nouvelles recommandations à l'attention des professionnels de la santé, en pleine crise sanitaire liée au nouveau coronavirus. Il précise notamment l'obligation de dispenser des soins si le matériel pour se protéger contre une contamination au Covid-19 n'est plus disponible.
Dans ce genre de situation, le médecin est confronté à un dilemme, souligne le bureau du Conseil national de l'Ordre des médecins de Belgique, "entre son devoir d'humanité d'apporter des soins et la protection de son intégrité". La réponse ne doit pas privilégier l'une ou l'autre des valeurs, il faut "une approche visant à répondre à ces deux impératifs".
Le médecin a une obligation déontologique de prodiguer des soins et, en situation de pandémie, son rôle est primordial pour la collectivité, relève l'Ordre.
Il ne peut toutefois "faire abstraction de sa propre sécurité ni de celle des autres", souligne-t-il. "L'obligation de traitement va de pair avec la préservation maximale de la sécurité et de l'avenir du médecin (et) de ses proches, par des mesures d'hygiène, sanitaires et sociales adéquates. Ces mesures sont à charge du médecin concerné, mais également de l'institution de soins et de la société", détaille l'Ordre dans ses recommandations.
Si les risques sont répartis de manière "juste, transparente, professionnelle et (...) avec tous les intéressés", alors les mesures sont "justifiées par le respect, l'équité et la solidarité à l'égard des professionnels de santé soumis à un risque pour leur intégrité dans l'exercice de leur profession".
L'Ordre appelle aussi à "exploiter le potentiel des technologies de l'information et de la communication", en organisant notamment des consultations par téléphone ou vidéo.
D'un point de vue juridique, l'Ordre souligne que "l'infraction pénale d'abstention coupable requiert que la personne qui n'a pas porté secours à une autre en danger grave et imminent pouvait le faire sans craindre pour sa propre sécurité".