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Vers une classification claire de la maladie oligométastatique

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L'ESTRO et l'EORTC ont récemment publié conjointement dans The Lancet Oncology une proposition de consensus pour la classification de la maladie oligométastatique1. Le Pr Dirk Verellen, responsable de physique médicale en radiothérapie au sein de l'Iridium Kankernetwerk Antwerpen et co-auteur de l'article, en explique l'importance.

15 avril 2020

Une maladie à capacité métastatique limitée ou maladie oligométastatique (OMD) est identifiée comme un état intermédiaire entre une tumeur encore localisée et un cancer déjà entièrement métastasé. Au sein de la European Society for Radiotherapy and Oncology (ESTRO), la demande d'une meilleure caractérisation de l'OMD est présente depuis longtemps, car la radiothérapie stéréotaxique, dans laquelle une dose élevée de rayonnement est délivrée avec une haute précision à raison de quelques séances de traitement, est une technique thérapeutique indiquée en cas d'oligométastases.

Toutefois, une limitation importante réside dans le fait qu'en l'absence de biomarqueurs spécifiques, le diagnostic d'OMD doit être posé sur base d'une imagerie telle que la TEP-FDG, l'IRM ou la TDM. Cependant, cette imagerie ne permet pas de faire une distinction entre différentes formes d'OMD. Ainsi, une unique métastase d'une tumeur primitive se présentera à l'imagerie de manière identique à une métastase résistante qui subsiste après un traitement systémique d'une maladie étendue et métastatique. À titre d'illustration, la figure 1 montre les images TEP/TDM presque identiques d'une métastase de la glande rétropéritonéale issue d'une tumeur primitive et d'une métastase de la glande rétropéritonéale persistante issue d'une maladie métastatique précédemment traitée.

Figure 2 : arbre de décision pour la classification de l'OMD1
Figure 2 : arbre de décision pour la classification de l'OMD1

Pouvoir distinguer les différentes formes d'OMD est pourtant essentiel, tant pour le pronostic que pour la stratégie de traitement. Ainsi, chez un patient atteint d'une tumeur primitive ne présentant qu'une ou deux métastases, un traitement local par radiothérapie pourrait suffire, ce qui permet d'éviter ou éventuellement de retarder la chimiothérapie. En revanche, dans d'autres formes d'OMD, un traitement plus systémique peut être indiqué.

Consensus international

Comme la nécessité d'une meilleure classification a été reconnue au niveau international, l'ESTRO s'est associé avec l'EORTC pour mettre en place le groupe de travail " OligoCare ", afin de dégager un consensus et une recommandation pour décrire sans ambiguïté les différentes formes d'OMD. Le système de classification récemment publié couvre toutes les situations cliniques possibles qui donnent lieu à la même imagerie diagnostique d'un nombre limité de métastases et au diagnostic d'OMD. Ce système est présenté comme un arbre de décision basé sur cinq questions binaires (voir Figure 2).

Le Pr Dirk Verellen.
Le Pr Dirk Verellen.

Dans ce contexte, l'OMD est initialement subdivisée en OMD dite " authentique " ( genuine : patients sans antécédents de maladie polymétastatique) ou en OMD " induite " ( induced : patients ayant des antécédents de maladie polymétastatique). L'OMD authentique est ensuite elle-même subdivisée en OMD " de novo " (premier diagnostic d'OMD) ou en OMD " répétée " ( repeat : antécédents d'OMD), avec ensuite un certain nombre de subdivisions supplémentaires en fonction du moment du diagnostic et de l'état de progression.

Un meilleur traitement

Le système de classification a pour intérêt de permettre une description plus claire de l'OMD dans la recherche clinique, simplifiant l'interprétation des résultats. Une description sans ambiguïté du tableau clinique facilitera la compréhension des effets d'un traitement ciblé en cas d'OMD et, en conséquence, améliorera les chances de guérison et la qualité de vie des patients.

Le Pr Verellen souligne que la recherche sur l'OMD est l'un des fers de lance de la recherche clinique menée au sein du réseau Iridium Kankernetwerk, qui a déjà lancé plusieurs études cliniques basées sur ce nouveau système de classification. En endossant un rôle pionnier dans cette recherche, l'équipe scientifique de ce réseau veut contribuer au développement ultérieur de stratégies et d'objectifs de traitement pour les patients atteints d'OMD.

Référence :

1. M. Guckenberger et al., Lancet Oncology 2020 ; 21 (1) : e18-e28

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