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Rétropédalage salvateur en MRS

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Mercredi dernier, le Conseil national de sécurité (CNS) a décidé d'autoriser, sous conditions, les visites d'un proche aux résidents des maisons de repos et des centres pour personnes handicapées afin de lutter contre la détresse psychologique générée par l'isolement. Une décision fortement critiquée et pour cause : le dépistage n'est pas encore terminé et les foyers d'infections demeurent. Des solutions alternatives se mettent toutefois en place.

22 avril 2020

Parmi les contestataires, mercredi dernier, le Dr Jean-François Moreau, président de l'Aframeco, l'Association francophone des médecins coordinateurs et conseillers (MCC) en maisons de repos et de soins (MRS). " On exige des médecins et du personnel qui entrent en maison de repos, la prise de température, la désinfection de leur matériel et de s'équiper de protections individuelles. Et subitement, sur base d'une déclaration sur l'honneur, de nombreuses personnes seraient autorisées à entrer dans l'institution au risque de contaminer encore plus de résidents. Sans compter que la plupart des enfants de nos résidents ont plus de 65 ans et sont donc eux-mêmes à haut risque de complications sévères en cas de contamination par le Covid-19 bien présent dans ces institutions. "

Et d'ajouter : " Nous pouvons bien comprendre le désarroi psychologique de certains résidents confinés, mais le personnel est remarquable pour les soutenir et les aider à rentrer en contact par tout moyen avec leurs proches. "

Quelles solutions alternatives ?

Le gouvernement wallon a rapidement décidé de ne pas permettre les visites dans les MR-MRS avant la fin de la période de dépistage (voir encadré). " Bien que satisfaits de cette prise de conscience collective, nous encourageons le développement de solutions alternatives et moyens innovants qui permettent d'entretenir le lien relationnel entre familles et résidents dans un cadre sécurisé en ne mettant pas en danger l'ensemble des résidents et en préservant les maigres réserves en équipement de protection individuel des institutions ", souligne l'Aframeco.

L'association reprend par exemple l'idée d'une institution de Villance, en province de Luxembourg. " Celle-ci repose sur l'installation d'un système de " parloir " dans un des sas d'entrée de la MRS, avec RDV de 15 minutes. Ceci présente l'avantage que personne n'entre vraiment dans l'institution tout en laissant la possibilité qu'au fil des jours plusieurs proches puissent venir l'un après l'autre ", explique l'Aframeco.

D'autres alternatives existent, comme les colis déposés par les familles ou la fourniture de tablettes pour rester en contact avec les proches.

Soutien psychologique en place

Ces solutions sont utiles, mais pas nécessairement suffisantes. " Nous constatons plus d'anxiété au sein de la population ", confirme l'Aframeco. " Le dispositif de psychologues de première ligne est maintenant accessible via consultation par vidéo. Il permet de soutenir les nombreuses personnes qui vivent difficilement ces moments de confinement, notamment pour les familles de résidents en maison de repos qui souffrent de l'absence de contact avec le parent proche confiné en maison de repos. "

Ce système prévoit le renvoi de patients par les médecins généralistes vers un psychologue clinicien ou un orthopédagogue clinicien reconnu pour un traitement psychologique de première ligne de courte durée remboursé en grande partie par la mutualité. Pour ce faire, une prescription de renvoi spécifique doit être rédigée .

Tous les documents liés à la gestion du Covid-19 en MRS sont consultables sur www.aframeco.be.

Où en est le dépistage en MR-MRS ?

Selon la stratégie fédérale, les tests seront réalisés progressivement dans tous les établissements dans un ordre établi et selon la livraison quotidienne des kits de dépistage. La Wallonie a décidé de commencer par tester, sur l'ensemble du territoire, les gros clusters, les petits clusters pour ensuite terminer par les maisons de repos sans cas suspectés ou déclarés à la date d'aujourd'hui. Ces tests sont destinés tant aux résidents MR-MRS qu'à l'ensemble des membres du personnel, actifs ou non-actifs, qui n'ont pas encore pu bénéficier d'un dépistage Covid-19.

Pour faire suite à la première vague de dépistage (6.000 membres du personnel des MR-MRS dépistés), 66.966 nouveaux tests ont été réservés pour la Wallonie et seront effectués dans les MR-MRS du 15 avril jusque début mai.

À Bruxelles, 4.854 tests ont été réalisés la semaine dernière dans 31 MR-MRS et 9.653 tests sont prévus cette semaine dans six structures pour personnes handicapées et 55 MR-MRS. Puis encore 9.653 tests la semaine du 27 avril, dans le reste des MR-MRS et dans certaines structures pour personnes handicapées. On est "en vitesse de croisière", indique le cabinet Maron.

Soutien du secteur hospitalier

Un cadre global concernant le soutien possible du secteur hospitalier au secteur des soins aux personnes âgées a été approuvé lors de la dernière conférence interministérielle en Santé publique, le 15 avril.

Ce cadre général prévoit que les hôpitaux, dans la mesure où leurs missions de base en matière de soins hospitaliers ne sont pas compromises, peuvent soutenir les établissements de soins pour personnes âgées en leur apportant leur expertise (par exemple, liaison gériatrique, hygiène et contrôle des maladies infectieuses, etc.), en mettant à disposition du personnel (en plus des autres possibilités de renforcement du personnel), en les aidant à se procurer du matériel ou des produits (par exemple, approvisionnement en oxygène ou certains médicaments), en leur fournissant des infrastructures ou en les soutenant dans le processus de dépistage.

Une nouvelle qui ne réjouit pas nécessairement l'Aframeco. " Notre analyse est qu'à nouveau, les moyens les plus importants ont été attribués aux hôpitaux en oubliant les institutions résidentielles aux personnes âgées et handicapées. Malgré nos demandes répétées depuis un mois et demi, les carences en équipement de protection des soignants, en moyens de dépistage, en oxygène et pour certains médicaments, vont devoir être compensés par des hôpitaux mieux fournis depuis le départ... Le monde à l'envers ! "

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