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Le Covid-19 plus délétère sur le bien-être des Belges que la crise de 2008

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Le Bureau fédéral du plan s'attend à ce que le bien-être moyen des Belges chute à la suite de la crise sanitaire provoquée par le nouveau coronavirus et les mesures de confinement imposées pour endiguer l'épidémie. L'impact devrait être plus important que celui de la crise financière et économique de 2008.

la rédaction - 29 avril 2020

Dégradation de la santé, relations sociales en souffrance, travail perturbé et revenus à la baisse... Le Bureau du plan relève que les principaux déterminants du bien-être des Belges (santé, niveau de vie en société, travail et éducation) sont fortement mis à mal par la crise du Covid-19.

Plus plus vulnérables davatange pénalisés

Comme souvent, certains groupes vulnérables, qui possédaient déjà un niveau de bien-être en-dessous de la moyenne, seront particulièrement touchés: les personnes vivant seules (avec ou sans enfants), celles au chômage, en incapacité de travail, sans diplôme ou avec de faibles revenus. Le Bureau du plan s'attend également à ce que le bien-être des femmes en général diminue avec la crise sanitaire.

Pour mesurer le bien-être de la population, le Bureau du plan a développé un indicateur intitulé "Bien-être ici et maintenant" ou BEIM. Reposant sur "une analyse statistique spécifique à la Belgique", l'indicateur "mesure l'évolution du bien-être actuel en synthétisant ses principaux déterminants", soit la santé, le niveau de vie, la vie en société, le travail et l'éducation.

La santé, principal déterminant du bien-être

Le Bureau du plan considère que la santé, tant physique que mentale, est le principal déterminant du bien-être en Belgique. Si elle se détériore, cela aura un impact plus important pour les femmes et les personnes au chômage. Plusieurs enquêtes réalisées depuis le début de l'épidémie, notamment par Sciensano et l'UCLouvain, montrent qu'une part significative de la population "exprime des symptômes relevant d'une pathologie mentale probable", relève le Bureau du plan. En outre, l'annulation massive de rendez-vous médicaux "font craindre une nouvelle détérioration de la santé de la population".

Pour se sentir bien, le Belge a aussi besoin de relations sociales, surtout ceux âgés de 16 à 49 ans. Or, ces relations avec les proches sont particulièrement mises à mal par le confinement et la distanciation sociale. Le Bureau pointe en outre que "les plus touchés par la perte de liens sociaux sont les mêmes personnes que celles qui ont vu leur santé mentale particulièrement se détériorer".

Enfin, avoir un emploi et disposer de revenus suffisants permettent également aux Belges de se sentir bien. Le Bureau s'inquiète que le nombre de personnes à faibles revenus, vivant sous le seuil de pauvreté et bénéficiant d'un revenu d'intégration sociale risque d'augmenter avec la crise du Covid-19.

Être au chômage n'est également pas propice au bien-être, surtout pour les moins de 25 ans. Chômage temporaire et droit passerelle ont été demandés par de nombreux salariés et indépendants. Le Bureau et la Banque nationale de Belgique s'attendent à une baisse du pouvoir d'achat des ménages d'environ 1,5% en 2020. Un ménage sur huit est en outre considéré par la BNB comme "financièrement très vulnérable face à la crise, en cumulant une perte de revenu et un faible niveau d'épargne".

Baisse du bien-être sans précédent

Le Bureau du plan s'attend donc à une chute de l'indicateur de bien-être, bien plus importante que lors de la crise de 2008. Or, en 2019, l'indicateur BEIM n'avait pas encore retrouvé son niveau d'avant 2008, pointe le Bureau.

Il prévoit que, par rapport à 2019, la part de la population qui se déclare en mauvaise santé augmente (de 8,6% à 10,8% en 2020), tout comme la part des Belges en privation matérielle sévère (de 4,6% à 6,6%) et en manque de support social (de 11,6% à 17,4%). Le Bureau estime également que le nombre de chômeurs augmentera de 64.500 personnes.

Pour que le BEIM s'améliore rapidement, les politiques de sortie de crise devraient se concentrer en priorité sur les groupes vulnérables, plaide le Bureau du plan. Il s'agit des femmes - "ce qui invite à être attentif aux discriminations entre les hommes et les femmes" -, des 16-49 ans, des personnes sans diplôme du supérieur, des personnes vivant seules (avec ou sans enfant), en incapacité de travail ou au chômage (et en particulier les jeunes) et celles disposant de petits revenus.

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