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En cas d'échec de la première ligne, tout retard vers la seconde ligne se paye cash

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Une étude internationale, menée sur base de données récoltées en Afrique du Sud et publiée en ligne dans la revue American Journal of Epidemiology, souligne l'importance capitale de changer au plus vite de modalité de traitement en cas d'échec de la première ligne, en particulier chez les patients qui présentent un nombre peu élevé de CD4 car tout retard se paye cash en vies humaines.

Jean-Luc Schouveller - 29 avril 2020

Une équipe d'investigateurs internationaux menée par le Dr Helen Bell-Gorrod de l'Université de Sheffield ont évalué l'impact sur la mortalité d'un retard au passage vers une seconde ligne de traitement antirétroviral en cas d'échec patent de la première ligne.

Pour ce faire, ils se sont basés sur les données cliniques et épidémiologiques de 8000 patients Sud-Africains placés sous traitement antirétroviral entre 2004 et 2008.

Premier constat, la durée médiane entre instauration du traitement antirétroviral et constat d'un échec virologique sous cette première ligne était de 3,3 ans. Le délais moyen entre ce constat d'échec et le passage vers un traitement antirétroviral de seconde ligne était de 121 jours ce qui signifie que les patients demeuraient durant environ 4 mois sous un traitement qui ne supprimait plus la charge virale. La probabilité de modification de la stratégie thérapeutique était cependant plus grande lorsque le patient présentait, soit un taux bas de CD4, soit une charge virale élevée ou, encore, s'il consultait, sur une base très régulière, un centre de référence VIH. Au cours de cette période de suivi de 4 ans, 52% des patients en échec de la première ligne sont passé vers une seconde ligne et le taux de mortalité observé au sein de la population était de 12%.

Second constat, par rapport à l'absence de toute modification de traitement, le passage immédiat vers une seconde ligne aurait permis de réduire de 60% le risque de mortalité.

Si ce changement intervenait dans les 60 jours du constat d'échec virologique, le risque de mortalité n'était plus réduit que de 48%. Ceci signifie que même un léger retard pour modifier le traitement défaillant se paye cash en terme de vies humaines.

Dans un second volet de l'étude, les investigateurs ont évalué l'impact, sur la mortalité à 5 ans, de différentes stratégies de switch en cas d'échec de la première ligne.

- Si tous les patients avaient pu bénéficier d'un changement de traitement, dés constat d'un rebond de la charge virale, seuls 10% des patients seraient décédés dans les cinq ans.

- Si tous les patients étaient demeurés sous le même schéma thérapeutique malgré son échec, la mortalité à cinq ans aurait été de 27%, soit près du triple.

- Enfin, et toujours dans la perspective d'une absence de modification du traitement malgré son échec, la mortalité à 5 ans aurait été de 50% au sein du groupe de patients dont le taux de CD4 était inférieur à 100 cellules et de 18% pour le groupe dont le taux en CD4 était supérieur à 400 cellules.

Au final, cette étude souligne la nécessité d'un suivi régulier et serré dans le temps afin d'objectiver au plus vite tout échec virologique ainsi que l'importance de modifier au plus vite le schéma thérapeutique surtout en cas de charge virale élevée et/ou de taux bas en cellules CD4.

Réf: Bell-Gortod H. et al. American Journal of Epidemiology, mise en ligne sur le site le 22/04/2020.

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