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Traçage : la Belgique rate-t-elle (encore) le coche ?

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Un consortium d'entreprises belges a mis au point une appli qui mémorise les " contacts rapprochés ", éventuelle source de contamination. Mais sa solution, pourtant présentée comme sécurisée et efficace, est écartée au profit du traçage " manuel " par téléphonistes. Les industriels râlent. Du côté politique, on dément tout blocage, mais on désire davantage d'éclaircissements avant de s'engager.

13 mai 2020

Depuis l'explosion de la pandémie, retracer quelles autres personnes auraient pu infecter ou être infectées par chaque patient touché est essentiel. Dépend de ces réponses la prise de mesure de confinement, de prophylaxie (comme l'isolement dans le logement) et d'hygiène afin de limiter la contagion.

Pour couper la chaîne de transmission du virus, il s'agit d'assurer la traçabilité du parcours des personnes infectées et de celles avec qui elles ont été en contact. L'objectif de cette technique, dite du " tracing " est d'isoler les personnes qui seraient effectivement infectées et d'encadrer leur entourage pour limiter la propagation du virus. Il y a quelques semaines s'est réuni un groupe spécialisé mené par le ministre De Backer, auquel sont évidemment associées toutes les Régions, compétentes en la matière. Face à eux, deux options. Le tracing, déjà employé pour le dépistage de la tuberculose et des autres maladies à déclaration obligatoire, et le tracking automatisé.

Appui des MG

Pour le tracing, les centres de dépistage et les médecins généralistes - à qui la SSMG à proposé lundi une vidéo- conférence de formation -fourniront les coordonnées des malades (lire jdM N°2628). Des " téléphonistes " devront les faire parler sur leurs contacts " prolongés et rapprochés " des deux dernières semaines, en faisant appel à leur mémoire. Ces téléphonistes ne sont ni infirmiers ni médecins. Mais le cahier des charges précise que " les agents feront preuve d'écoute proactive et d'empathie et communiqueront les informations essentielles, destinées à collecter tous les éléments marquants de l'anamnèse de la maladie (contacts aussi anodins soient-ils avec d'autres personnes infectées, souvenirs, collectivités et lieux fréquentés, etc.). Le rapport qu'ils rédigeront sera ensuite intégré à la plateforme logicielle fédérale, afin que ces informations soient disponibles et puissent être traitées en toute confidentialité ."

En Wallonie, le consortium désigné par l'Aviq est composé des mutualités, auxquelles s'associent deux opérateurs de Contact Centers (iKanbi et CallExcell). À Bruxelles, le consortium associe également les mutuelles au call center N-Allô, en fait l'ancien call-center d'Electrabel séparé de la maison-mère lors de la libéralisation. Les formations se déroulent actuellement à marche forcée, le tracing a débuté le lundi 11 mai.

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