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Impact de la pandémie de covid-19 sur les diagnostics de cancer aux Pays-Bas

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Lors du deuxième webinaire organisé par la SBU, la BVU et Scientific Summits, le Dr Katja Aben, chercheur principal à l'Integraal Kankercentrum Nederland (IKNL), a abordé l'impact de la pandémie de covid-19 sur le nombre de nouveaux diagnostics de cancer aux Pays-Bas.

Iris Schrooten - 29 mai 2020

Le Dr Aben a commencé sa présentation par une brève explication de la méthode de travail du Registre du Cancer néerlandais, qui enregistre tous les nouveaux diagnostics de cancer depuis 1989. Grâce à la bonne collaboration entre l'IKNL et la base de données nationale de pathologie PALGA, un diagnostic de cancer aux Pays-Bas peut déjà être enregistré deux semaines après une biopsie : une situation unique dans le monde.

Un quart de moins

Le Dr Aben a présenté les chiffres des nouveaux diagnostics de cancer de la semaine 2 à la semaine 17. Depuis le premier cas de covid-19 confirmé aux Pays-Bas, au cours de la semaine 8, un quart de cancers en moins a été diagnostiqué, par rapport à la normale. Cette tendance est encore plus marquée en ce qui concerne les cancers de la peau.

Cette diminution a été observée parmi toutes les catégories d'âge, mais elle semble un peu plus forte chez les personnes âgées (80 ans et plus). Une tendance similaire a été notée dans les différentes régions des Pays-Bas. Selon le Dr Aben, les explications possibles sont que les personnes qui présentent des symptômes consultent moins vite leur médecin de famille pendant la crise du coronavirus, car elles pensent peut-être que le médecin perdrait ainsi son temps à des problèmes qui ne sont pas liés au coronavirus ou supposent que la capacité des services de soins de santé est insuffisante. En outre, beaucoup de personnes ont peur d'être contaminées par le coronavirus.

Inversion de la tendance

La plupart des consultations du médecin généraliste concernant des problèmes non urgents ont actuellement lieu par téléphone ou par vidéoconférence, ce qui ralentit le nombre d'orientations vers un hôpital. Par ailleurs, les hôpitaux procèdent à moins d'évaluations, car une grande partie du personnel médical est affecté à l'épidémie de covid-19. Enfin, tous les programmes de dépistage du cancer du sein, du côlon ou du col de l'utérus sont suspendus afin d'alléger la pression sur le système des soins de santé. Depuis la fin du mois d'avril, après que divers médias ont lancé un appel pour que les personnes présentant des symptômes contactent leur médecin de famille, la tendance semble s'inverser et le nombre de cas de cancer enregistrés augmente à nouveau.

Cancers génito-urinaires

Le Dr Aben s'est intéressée de plus près aux chiffres des cancers génito-urinaires. Jusqu'à 40 % de diagnostics de cancer de la vessie et de cancer des voies urinaires hautes en moins ont été posés. Toutefois, depuis la semaine 17, le nombre de diagnostics semble se stabiliser à 10 % de moins que la normale, ce qui peut indiquer que les personnes qui présentent des symptômes persistants, tels qu'une hématurie, finissent par se rendre chez leur médecin. Une diminution de 20 % a également été enregistrée depuis le début de l'épidémie de covid-19 en ce qui concerne le cancer du rein et le cancer du testicule.

Le nombre de diagnostics de cancer de la prostate est tombé à environ 70 % par rapport à la normale, mais aucune évolution n'a encore été observée au cours des dernières semaines. Le Dr Aben espère qu'il s'agit principalement d'hommes qui ne font pas mesurer leur taux de PSA par leur médecin généraliste pour l'instant. Si tel est le cas, il s'agit de patients à faible risque qui rempliraient les conditions en vue d'un suivi actif si un cancer de la prostate leur était diagnostiqué. Le retard de diagnostic parmi ce groupe sera donc moins préjudiciable à long terme pour la santé de ces patients.

Grand impact

Les chiffres du Dr Aben confirment que la pandémie de covid-19 influence considérablement le nombre de diagnostics de cancer. Ces dernières semaines, la situation semble se rétablir, mais nous devons attendre de voir si cette tendance se poursuit, selon le Dr Aben. Nous ignorons encore quelles seront les conséquences de ces retards de diagnostic sur la santé des patients et si elles différeront selon que les patients sont à faible risque ou à haut risque.

Le Registre du Cancer néerlandais continue de surveiller les répercussions de la crise du covid-19 sur le nombre de diagnostics de cancer, les schémas thérapeutiques et l'issue du traitement. Les chiffres provisoires seront complétés, afin de permettre une analyse plus approfondie de l'impact de la pandémie de covid-19 sur les soins du cancer. Ces données sont nécessaires pour guider la population, la classe politique et le personnel médical en cas de nouvelle épidémie d'ampleur comparable, mais espérons que nous n'en arriverons pas là.

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