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Chemsex: toujours plus haut !

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Le recours à des drogues " récréatives " pour toujours aller plus haut dans les sensations et les performances lors des relations sexuelles, autrement dit le chemsex, est en progression constante parmi les hommes pratiquant le sexe avec d'autres hommes (HSH) selon une analyse longitudinale sur une période de 11 ans menée auprès des participants à la cohorte suisse SHCS (Swiss HIV Cohort Study).

Jean-Luc Schouveller - 29 mai 2020

Mais, constat beaucoup plus préoccupant, les comportements à haut risque ainsi que les MST ou les hépatites ainsi que les états dépressifs profonds, conséquences de ces jeux sexuels, suivent aussi une tendance dangereusement haussière.

Initiée en 2008, la SHCS est une étude de cohorte prospective qui inclus toute personne diagnostiquée positive au VIH en Suisse. Sur les quelques 20.000 participants suivis, 40% sont des HSH. Tous les six mois, le questionnaire SHCS est rempli par le praticien chargé du suivi lors d'une interview avec le patient. Un certain nombre de questions portent sur l'utilisation de drogues, tant les classiques cannabis, héroïne et cocaïne que les drogues dites récréatives à la base des séances de chemsex. Ce sont ces données spécifiques qui ont été analysées par les investigateurs de la présente étude pour dresser un tableau actualisée des tendances en matière de chemsex.

  • Premier constat, sur l'ensemble de la population de la cohorte, la proportion de personnes ayant recours à des drogues autres que cannabis, cocaïne ou héroïne demeure stable sur les 11 années de suivi et représente 9% de l'échantillon.
  • Les choses se corsent dès l'instant où on compare les taux d'utilisation de ces drogues récréatives entre le groupe des HSH et les non HSH. On constate que de 8,8% de HSH ayant recours à ces drogues récréatives en 2007, on passe à 14% en 2018 avec une augmentation particulièrement marquée concernant le recours aux amphétamines (de 0,2% à 2,4%) et au GHB/GBL (de 1% à 3,4%). A contrario, on note une diminution du recours à ce type de drogues au sein de la population non HSH de la cohorte suisse.
  • Autre constat, et peut-être le plus marquant, le chemsex augmente significativement, d'une part, les comportements à risque comme les relations sexuelles sans protection avec des partenaires inconnus et, d'autre part, l'incidence d'infections telles que la syphilis ou l'hépatite C ainsi que les syndromes dépressifs.

Pour les auteurs, ces données constituent un important signal d'alarme et nécessitent la mise en place d'une information détaillée pour avertir et améliorer les connaissances, tant des praticiens en charge de ces patients que des consommateurs de ces drogues récréatives, sur les risques encourus.

Réf: Hampel. B. et al. HIV Medicine 2020;21(4): 228-239.

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