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Contre le Coronavirus, la guerre devrait être longue

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Des oiseaux de mauvais augure nous avaient prévenu au début de la crise pandémique mais nous ne voulions pas les croire : le combat contre le Coronavirus s'inscrira dans la durée.

Nicolas de Pape - 6 août 2020

Nous n'y croyions d'autant moins que pour des raisons psychologiques, les autorités publiques et sanitaires offrent à la population, résolument, des horizons courts : en avril, des confinements de quelques semaines prolongés plusieurs fois. Le 27 juillet, une nouvelle fois, on nous intime l'ordre de remettre les masques " pour quatre semaines ". Pas plus pour l'instant...

Annoncer de lointains lendemains qui déchantent risque de plomber l'ambiance et provoquer un découragement généralisé voire une hausse des taux de suicide. Le gouvernement, conseillé vraisemblablement par des psychologues, distille donc les mauvaises nouvelles avec prudence. C'est humain même si cela alimente le complotisme. Oserions-nous plaider pour qu'on considère la population, hormis quelques zozos qui se rencontrent dans des "bars tardifs" transformés parfois en lupanars de fortune, comme des adultes qui peuvent accepter la vérité brute ?

Certes, les autorités, plombées par un véritable retard à l'allumage et d'un manque de discernement face à une soi-disant " gripette ", ont tendance à en rajouter dans le principe de précaution. L'OMS, en particulier, accusée de servir un peu trop les intérêts du régime chinois, en remet une couche ces jours-ci sur le thème " il n'y aura pas de panacée ", "il faut s'attendre au pire". Être accusé d'exagérer est toujours plus gérable que de sous-estimer le danger.

Les médias, qui font honorablement leur boulot, soulignons-le, en sont réduits à gérer des informations toujours contradictoires et à trouver un équilibre entre publier des nouvelles alarmistes pour que la vigilance ne se relâche pas ou des nouvelles apaisantes mais qui risquent de lâcher un peu trop la bride et encourager des comportements borderline. Faute d'arbitrage, la presse publie les deux versions, dernièrement l'analyse de Bernard Rentier qui sur son blog estime que les autorités jouent sur les peurs.

Mais, quoi qu'il en soit, un faisceau de preuves scientifiques ne prête pas à l'optimisme quant à une issue rapide à cette crise pandémique sans précédent dans l'histoire moderne :

-le virus, bien que dépourvu de neurones, est " malin ". Il mute, se cache, disparaît, réapparaît et fait des va-et-vient entre les pays et les continents.

-Bien qu'il ne tue qu'une infime partie des personnes infectées, Sars-Cov-2, bien plus redoutable qu'une grippe, s'attaque, chez les " symptomatiques " mais aussi parfois chez les asymptomatiques, à quasiment à tous les organes et laisse parfois des séquelles irréparables. Bémol : le virus s'attaquant depuis peu de temps à une population plus jeune en moyenne, le taux de mortalité est quasi nul.

-Malgré tous les effets d'annonce destinés parfois à booster les cours des actions boursières à propos d'un vaccin qui en est à la phase 3 et qui semble bien toléré au niveau des études cliniques, l'hypothèse de la mise sur le marché d'un prototype miracle et 100% efficace " dans quelques mois " ou " pour fin 2020 " semble s'éloigner, faute d'une immunité stable et pérenne.

-Malgré l'inventivité de nos laborantins et nos thérapeutes, un remède, lui aussi, totalement efficace, mettra du temps à arriver dans les pharmacies. Vraisemblablement, comme pour le sida, sera-t-il plutôt composé de cocktails de thérapies existantes (on attend une vérité définitive à propos de la bithérapie HCQ+AZM, encore provisoirement en débat).

-L'extrême mobilité planétaire des marchandises et des hommes est une aubaine pour ce virus qui est le premier à surfer sur la mondialisation paroxystique des échanges.

Bref, à l'heure d'écrire ces lignes, on semble parti au moins jusque fin 2021.

Ce qui doit nous encourager à patienter et à compter sur ce qui fait la quintessence de l'être humain : son extraordinaire faculté d'adaptation depuis que sous le label d'Homo Sapiens Sapiens, il y a environ 100.000 ans, il mène une bataille sans fin aux virus et aux bactéries.

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