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Manger du poisson protégerait le cerveau vieillissant de la pollution de l'air

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Selon une étude américaine, les femmes âgées qui mangent plus d'une à deux portions par semaine de poisson ou de crustacés cuits au four ou grillés, consommeraient suffisamment d'acides gras omega-3 pour contrecarrer les effets indésirables potentiels de la pollution atmosphérique sur les volumes de substance blanche du cerveau.

Luc Ruidant - 2 septembre 2020

Soucieux d'investiguer si les acides gras oméga-3 contenus dans les poissons gras protègent le cerveau contre les effets neurotoxiques des particules fines (PM2,5) présentes dans l'air pollué, des chercheurs new-yorkais ont mené à bien une étude de cohorte prospective au cours de laquelle ils ont suivi 1 315 femmes âgées de 65 à 80 ans sans démence au départ.

Un test sanguin a permis de mesurer la quantité d'acides gras oméga-3 dans les globules rouges des participantes qui, en fonction du résultat de ce test ont été réparties en, quatre groupes. En localisant l'adresse de chacune d'elles, leur exposition moyenne sur trois ans aux PM2,5 a pu être déterminée. Enfin, grâce à des IRM, les chercheurs ont pu mesurer diverses zones de leur cerveau, y compris la substance blanche, composée de fibres responsables des stimuli nerveux, et l'hippocampe, siège de la mémoire.

Après ajustement pour les facteurs de confusion potentiels, les scientifiques ont constaté que les femmes ayant les niveaux les plus élevés d'acides gras oméga-3 dans le sang avaient des volumes plus importants de substance blanche et d'hippocampe que celles avec les niveaux les plus faibles. Pour chaque augmentation interquartile (2,02%) de l'indice oméga-3, le volume moyen était supérieur de 5,03 cm3 dans la substance blanche et de 0,08 cm3 dans l'hippocampe.

Autre constat : pour chaque quartile d'augmentation des niveaux de pollution de l'air, le volume moyen de matière blanche était 11,52 cm3 plus petit chez les personnes ayant des taux inférieurs d'acides gras oméga-3 et 0,12 cm3 plus petit chez celles ayant des taux plus élevés.

Ces résultats suggèrent que des niveaux plus élevés d'oméga-3 dans le sang provenant de la consommation de poisson pourraient préserver le volume du cerveau des femmes à mesure qu'elles vieillissent et les protéger contre les effets toxiques de la pollution de l'air. Toutefois, il ne s'agit encore que d'une association, pas d'un effet causal et la tranche d'âge des participantes est trop restrictive pour généraliser l'effet protecteur à une population plus large.

(référence : Neurology, 15 juillet 2020, doi : 10.1212/WNL.0000000000010074)

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