Testing : " Il faut simplifier l'encodage dans les centres de prélèvement "

Les centres de prélèvement doivent faire face à une forte augmentation de leur charge de travail. Une solution serait de simplifier au plus vite les démarches administratives.
"L es médecins, infirmiers et volontaires des centres de prélèvement sont épuisés, le temps d'attente y devient intolérable pour les patients. Or l'encodage sur la plateforme Cyberlab représente la moitié du travail consacré à un prélèvement", constate le Dr David Simon (Absym).
Le généraliste de Colfontaine propose quelques solutions. "Puisque Sciensano dispose des données encodées par le médecin sur l'eForm, les centres de prélèvement devraient pouvoir y accéder sur la plateforme Cyberlab et ne plus devoir encoder que le numéro du tube PCR. Comme le Call Center pose au patient les mêmes questions qu'un médecin prescripteur, il devrait lui aussi générer un eForm pour permettre la procédure qui précède. Cela ferait gagner un temps précieux aux médecins qui doivent encoder les données dans les centres de prélèvement."
Autre mesure avancée par le nouveau membre du CA des Chambres syndicales du Hainaut, Namur et Brabant Wallon et administrateur du Conseil fédéral de l'Absym : envoyer les prélèvements sans les accompagner de l'impression papier de l'eForm. "Le laboratoire qui réalise le test devrait y avoir accès sur Cyberlab", conseille le Dr Simon.
Et David Simon de proposer que le call-center informe directement le patient et ses contacts (employeur, école...) des résultats du test et leur transmette le certificat de quarantaine. " Cela ferait gagner beaucoup de temps aux généralistes qui doivent faire face depuis quelques semaines à un afflux de voyageurs revenant de zone rouge ou de parents à qui les directions scolaires demandent de réaliser des tests pour être rassurées", complète le généraliste.
Éviter la saturation
Ces quelques adaptations de la procédure pourraient soulager les centres de prélèvements - dont certains ont dû fermer faute d'écouvillons - et les médecins généralistes.
"Se focaliser sur les lits de soins intensifs pour monitorer la saturation de notre système de soins est devenu inapproprié. Il faut désormais être attentifs à la saturation de la médecine générale, car c'est la première ligne qui porte désormais le poids de cette épidémie", prévient sur Twitter Emmanuel André. "Quand des centres de testing ferment plus tôt par manque de tests, il y a lieu d'avoir une réaction rapide, efficace et coordonnée. J'espère vraiment qu'elle est déjà prête. J'aimerais la voir", alerte également le Dr Thomas Orban, président du Collège de médecine générale sur le réseau social.
Est-il encore temps d'éviter la saturation?

"Qui va payer les heures de secrétariat supplémentaires ?"
Le président du Collège de médecine générale constate une hausse de la charge de travail des médecins généralistes liée à l'augmentation du nombre de tests et de démarches administratives.
" J'ai dû demander à ma secrétaire d'augmenter ses heures pour pouvoir résorber le travail. Va-t-on revoir notre prime Impulseo pour compenser ce coût supplémentaire ? Cela m'étonnerait beaucoup. Est-il normal que je paie ces coûts supplémentaires de ma poche ", commente le généraliste. " Dans de nombreux cabinets, les secrétaires sont complètement débordées. Les délais d'attente pour contacter le secrétariat ou le médecin et pour avoir un rendez-vous augmentent. Ce qui énerve les gens. Cette situation altère la qualité de la relation entre le médecin et ses patients. Nous ne travaillons pas dans la sérénité. "
Thomas Orban ajoute que les patients chroniques ont également repris le chemin des cabinets de médecine générale. " Il est temps de les prendre en charge parce que ce sont ces patients-là qui vont finalement pâtir du report des soins. Nous avons aussi tous les parents qui sont inquiets parce que leurs enfants ont un rhume. Le généraliste est au carrefour de toute une série de contraintes et de demandes. Il travaille dans les centres de tests, assure la garde, voit tous les enfants qui doivent être auscultés, prescrit des examens et doit rédiger de nombreux certificats. Pourquoi doit-on faire un certificat pour les citoyens qui reviennent d'une zone rouge puisque la quarantaine a été rendue obligatoire dans ce cas ? N'est-ce pas étrange que les médecins doivent suivre des règles imposées par l'Etat sans y avoir souscrit. "
Fatigue et déni
Le Dr Orban constate que nombreux confrères sont fatigués. " En mars, nous avons réagi la fleur au fusil. Nous comprenions que les autorités n'avaient pas eu le temps de préparer une réaction à la pandémie. Nous avons déjà beaucoup rouspété à l'époque pour faire bouger les choses. Or, ce qui arrive aujourd'hui était tout à fait prévisible. C'est inquiétant parce qu'il y a plus de cas positifs à haut risque. "
Le généraliste remarque également une forme de déni au sein de la population. " Des patients minimisent, préfèrent ne pas être au courant. Cette attitude risque d'aggraver la situation. Par contamination des groupes d'âges, le virus va atteindre les patients âgés. C'est une évidence. "