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" La Wallonie a été réactive face à la pandémie du Covid-19 "

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Willy Borsus, ministre wallon de l'Économie, de la Recherche et de l'Innovation, a retracé, en " Commission spéciale chargée d'évaluer la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19 par la Wallonie ", les actions menées sur le territoire par les entreprises wallonnes, mais aussi les universités, les centres de recherches et la Région.

16 septembre 2020

96 entreprises wallonnes ont participé à la lutte contre le nouveau coronavirus. Des entreprises du pharma, des biotechs, des medical devices et d'autres fournitures techniques qui ont travaillé à la mise au point de kits de tests, de réactifs, de vaccins, d'applications de tracing, et encore d'autres éléments techniques pour permettre la détection, le prélèvement ou d'autres applications. La Wallonie produit désormais des masques, du gel hydroalcoolique, des écouvillons, des pièces de respirateurs et d'autres matériels encore.

Partenariat entre la recherche et l'entrepreneuriat

Ce succès, dixit Willy Borsus, en Commission spéciale, est dû à l'importance du partenariat entre la Région, la recherche et le monde des entreprises. " Nous avons souhaité soutenir cette dynamique à travers nos crédits à l'investissement, à la recherche ou par d'autres dispositions. À titre d'exemple, lorsque l'Université de Liège et le CHU se lancent dans les études de diagnostic sérologique pour dresser une vue précise de la progression du Covid-19 et aussi de l'acquisition progressive de l'immunité par la population, nous souhaitons aider à ce que ce processus scientifique se déploie. "

Cela se fait par le biais d'un partenariat opérationnel entre centres de recherche, universités et entreprises. " Par exemple, cette étude sérologique s'organise avec aussi des kits de diagnostic qui sont aussi manquants en nombre suffisant pour faire les prélèvements. La société wallonne ZenTech est mobilisée avec bien d'autres encore pour répondre à ces ambitions en matière de testing ", explique le ministre régional . " D'autre part, on a besoin d'une plateforme pour tester massivement les prélèvements réalisés sur base des technologies PCR. Donc il faut automatiser, il faut disposer des réactifs, il faut organiser avec tout ce qui manque. Raison pour laquelle nous finançons, avec une mission déléguée de la Sofico (Société de financement complémentaire des infrastructures de la Région wallonne, ndlr), une plateforme de testing au départ de l'Université de Liège. "

La problématique des masques

La Wallonie a, comme tout le monde occidental, souffert de pénuries, singulièrement de protections et de masques. Pour ces derniers, la Région a planché sur deux volets : la production et la mise en place des filières de décontamination. Elle est partie du principe que s'il n'y a pas assez de masques et que l'abondance risque de se faire rare dans un premier temps, il faudra réutiliser les masques existants, stérilisés il va de soi. " C'est ainsi que nous avons lancé un appel à tout qui peut s'inscrire dans ces types de démarches. En ce qui concerne la décontamination, nous avons alors suivi des filières de décontamination de masques avec des entreprises comme AMB Ecosteryl, Sterigenics Belgium, LASEA et Centexbel, sans oublier les universités également, qui sont partenaires. "

Le ministre pointe en outre le fait que ces dispositifs sont opérationnels maintenant et même pour certains, " transposables à des luttes contre d'autres épidémies, d'autres manques de masques ailleurs dans le monde, où des équipements de cette nature permettront à d'autres pays, d'autres populations, de réutiliser des équipements de protection, masques, ou autres, ce qui me semble également très intéressant ".

La Wallonie a ensuite réussi à produire elle-même les masques en très peu de temps. Une raison de se réjouir pour le ministre wallon, au travers du projet Deltrian. " On est à une époque où il n'y a pas du tout de masque disponible. Nous lançons donc un appel, avec Christie Morreale, en disant : "Y a-t-il des entrepreneurs, proches d'autres secteurs, qui peuvent, dans un délai opérationnel suffisamment court, être en situation de produire des masques ? ". Il faut donc acheter le matériel qui est lui aussi est manquant. Il faut acheter les équipements pour construire les masques, ce fameux meltblown (sorte de textile non-tissé, ndlr) , qui est une des matières qui intervient dans la constitution des masques, qui est lui aussi disponible. C'est la raison pour laquelle nous créons une filiale avec Deltrian après cet appel. Deltrian est une société déjà connue en matière de filtration d'air. Cette filiale va être en situation, avec une aide régionale, de produire des capacités qui peuvent aller jusqu'à 60 millions, voire 190 millions de masques en base annuelle pour répondre aux besoins quels qu'ils soient à l'avenir, avec au passage la création d'emplois sur le site de Fleurus. "

La région s'est également penchée sur d'autres pénuries, comme celles des boîtes à puits dans lesquelles sont mis les prélèvements. " Ici, avec différents intervenants, ont été créés les dispositifs techniques concernés, avec des validations internationales, permettant jusqu' à 130.000 kits en prévision de commandes pour les besoins nationaux. "

40 dossiers de recherche

La recherche n'est évidemment pas restée les bras croisés. Depuis le début de la crise, la Wallonie a soutenu une quarantaine de dossiers qualifiés de Covid-19, c'est-à-dire en lien avec la lutte contre la pandémie, analysés financièrement dans un délai raccourci, et avec un objectif de temporalité très restreint, soit fin de l'année maximum. " Cela représente, pour 2020, des dossiers en termes de diagnostic, de traitement, de décontamination, de protection, de logiciels destinés à gérer la lutte contre la maladie ", précise Willy Borsus.

En sus, 25 millions d'euros complémentaires ont été libérés pour le financement de projets recherche et développement en lien avec le Covid, pour de nouveaux projets, avec des taux de financement qui ont été augmentés de manière à avoir un appel d'air pour les projets de recherche. " L'idée est de dire "Mobilisation de la recherche par rapport aux futures réponses" et, pour ce faire, on adapte les plafonds, les procédures, et l'on adapte les pourcentages ", explique le vice-président wallon.

L'eSanté wallonne en bonne forme

Témoins de la bonne forme du secteur wallon de l'eSanté, trois sociétés actives dans les biotechs ont récemment levé plus d'un million d'euros de fonds pour développer leurs activités.

Oncomfort, basé à Wavre, s'affirme comme leader de la sédation digitale, une nouvelle méthode pour soulager la douleur et l'anxiété des patients sans médicament, par le biais de la réalité virtuelle, de l'hypnothérapie et de techniques thérapeutiques intégratives. Elle vient de finaliser un financement de dix millions d'euros afin de continuer à développer ses solutions innovantes de thérapie digitale et accélérer son expansion internationale en Europe et en Amérique.

Hedera-22, spin-off de l'ULiège, a quant à elle levé plus d'un million d'euros de financement pour accélérer le développement de son activité vers la découverte et la production de nouvelles biomolécules. Ce premier tour de financement permettra à la société d'installer ses laboratoires au Sart-Tilman, d'acquérir les équipements de pointe et de consolider l'équipe lui permettant d'accélérer la découverte et la commercialisation de nouvelles biomolécules pour des applications dans les secteurs pharmaceutique et agrochimique.

Enfin, MintT, entreprise belge qui développe une solution de détection et prévention des chutes pour personnes âgées (voir jdM n°2599), vient de lever 1,375 millions d'euros. Sa solution équipe déjà des dizaines de lits dans des hôpitaux et maisons de repos à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre. Objectif : mettre l'intelligence artificielle au service du personnel soignant (et des résidents). Une mission dont la pertinence s'est accrue suite à la crise du Covid-19. " Le personnel soignant nous l'a dit : avec la crise, la problématique des chutes a empiré. La solution ayant prouvé son efficacité, cette levée de fonds nous permet d'amplifier notre mission : accélérer les installations afin d'aider le personnel soignant à sécuriser leurs patients, en hôpital ou en maison de repos ", explique Éric Krzeslo, CEO de MintT.

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