Nouveau baromètre Covid-19 auprès de tous les médecins généralistes belges dès octobre

Le 1er octobre, Sciensano lancera un nouveau baromètre Covid-19 auprès de tous les médecins généralistes belges. "Cet instrument de mesure permettra de répertorier les consultations des généralistes pour des problèmes respiratoires, dont le Covid-19, sur la base du dossier médical électronique. De cette manière, le secteur des soins de santé pourra suivre l'évolution de la situation des soins de première ligne. Cela devrait permettre une approche adaptée des soins dans les cabinets des généralistes et mener à une meilleure reconnaissance du rôle important qu'ils jouent. Les généralistes participants au Baromètre pourront compter sur une compensation financière pour cette collaboration." Entretien avec le Dr Bénédicte Vos.
jdM : Ce projet se déroule en collaboration avec l'Inami et avec les associations de médecins généralistes Domus Medica et la SSMG, indique SSMG. Ce nouveau baromètre intégré dans le DMI, c'est fabuleux si ça fonctionne...
Dr Bénédicte Vos, chercheuse à Sciensano : Je serais plus optimiste que vous et je vais vous dire que ça fonctionne. L'idée du baromètre est d'avoir une visibilité sur ce qui se passe dans les cabinets de médecine générale face à cette crise Covid et mesurer un certain nombre d'indicateurs (infections respiratoires, infections pirates, cas de de covid suspectés et confirmés). On travaille à partir du logiciel du médecin généraliste. Celui-ci encode au fur et à mesure de sa journée de travail habituel en codant par contre les diagnostics et à la fin de la journée, le logiciel extrait pour chacun des indicateurs l'ordre de patients vu. Ensuite, on envoie cela dans un " e-form " ce qui nous permet de faire le suivi.
Qui a accès aux données collectées ?
Ce sont des données déjà agrégées nominatives de patients. Le cabinet du MG envoie le nombre de patients sans les noms du patient bien entendu. Ces données sont analysées ensuite par Sciensano dans le cadre de la crise sanitaire.
C'est à la fois une vue d'ensemble et une information pour le généraliste lui-même. C'est win-win.
C'est win-win. On a développé un système de feedback. Le MG aura accès à ses données et pourra également avoir accès à un système de benchmarking pour se comparer à ce qui se passe, au niveau des autres praticiens, de son Glem, de la région, etc. de manière anonymisée.
Le patient est au courant ?
Oui
La SSMG est impliquée dans ce projet...
Oui car nous espérons vraiment avoir le concours de l'ensemble des médecins généralistes flamands, bruxellois et wallons. C'est notre souhait pour avoir une vision de l'ensemble des cabinets de MG en Belgique. Donc la SSMG et Domus Medica sont de la partie.
Ce baromètre sera-t-il publié d'une manière ou d'une autre (notamment sur le site de Sciensano) ?
Il est prévu en effet d'intégrer les données dans le reporting de sciensano. Ce sera donc en ligne comme tout le reste...
Démarrage début octobre ?
Oui. Pour six mois qui est la période avec l'hiver qui arrive et les virus qui reviennent. Jusque fin mars.
Qui est à l'origine de cette initiative ? Domus Medica ? La SSMG ? Sciensano ? La ministre de la Santé publique ?
L'idée, c'est de partir du premier baromètre qui existait et qui relevait les données symptomatiques, les données des centres de triage ou des urgences. L'idée est de développer un outil plus performant, plus rapide et plus pratique d'utilisation. Et davantage actualisé sur les besoins en information.
C'est automatisé pour le médecin ?
Oui. Exactement. Via le logiciel. Donc le médecin ne doit pas compter et faire des petites barres sur son carnet et faire le total à la fin de la journée. Bien sûr, les diagnostics doivent être codés dans le logiciel à la fin de la journée. Le système extrait automatiquement le nombre des patients avec chacun des codes correspondants Le MG recopie dans un formulaire les chiffres et envoie le formulaire. J'ai vu x% de patients avec plainte respiratoire, syndrome grippal, etc.
Vous avez donc clairement une petite appréhension avec l'hiver qui vient, le retour des virus habituels qui se mêleront éventuellement au covid et ce système est là pour ça ?
Oui. Exactement. Il faut pouvoir mesurer le covid suspecté et confirmé mais aussi les syndromes grippaux et les affections des voies respiratoires.
Un entretien de Nicolas de Pape
Le CNS introduit un baromètre pour mesurer la gravité de la situation sanitaire
Le Conseil national de sécurité (CNS) a décidé mercredi d'introduire un système de baromètre national qui permettra de mesurer la gravité de la situation sanitaire, afin de permettre des mesures spécifiques, éventuellement régionales, a annoncé la Première ministre Sophie Wilmès.
"Les experts du Celeval (la Cellule d'évaluation fédérale) travaillent sur un baromètre de l'épidémie qui va être implémenté progressivement dans notre pays, au niveau national, régional mais aussi provincial. Il doit encore être affiné. Ce baromètre fonctionnera selon un principe de paliers. C'est assez simple: plus la situation s'aggrave - plus des mesures de restrictions doivent être prises", a-t-elle expliqué au cours de la conférence de presse après la réunion du CNS.
Ce baromètre se basera principalement sur l'évolution du nombre d'hospitalisations, un "indicateur incontesté", selon Mme Wilmès (MR). Selon des précisions apportées par la ministre de la Santé publique Maggie De Block, on tiendra également compte du nombre de lits occupés en soins intensifs, mais avec des facteurs correctifs pour éviter de pénaliser les grandes villes. On veut affiner le plus possible l'outil, et les experts ont donc encore besoin "de quelques jours", ajoute-t-elle. Selon le cabinet de la Première ministre, "l'objectif est d'aboutir en Comité de concertation dans deux semaines".
Au niveau du dépistage, dont les chiffres ont le plus souvent servi jusqu'ici à comparer les zones et provinces, il y a aussi du changement, pour fluidifier le processus. Non seulement la capacité va être augmentée via l'ouverture de nouveaux lieux de "testing", mais le cabinet de la Première ministre annonce aussi la création prochaine d'un call-center d'information et d'une plateforme unique de rendez-vous, "pour dispatcher les demandes à travers les centres disponibles".
L'objectif est entre autres de soulager les médecins généralistes, qui se voient distribuer des prescriptions pour renvoyer les patients vers un test.
(Belga)