GBS : on va droit à la catastrophe

Le Groupement belge des médecins spécialistes (GBS) est préoccupé par les décisions du Conseil national de sécurité (CNS) quant aux mesures d'allègement de la vigilance face au Covid. " L'affaiblissement des mesures génère un faux sentiment de sécurité. Un assouplissement des mesures invite au laxisme. L'absence de mesures et de sanctions contraignantes se traduit par un manque d'esprit civique et un comportement égoïste. " Le personnel médical et paramédical des hôpitaux, toujours en pleine récupération, ne serait pas en mesure de gérer une deuxième vague, estime le GBS.
Dans une lettre à la Première ministre Sophie Wimès, le GBS, qui s'est réuni au sein de son comité de direction, exprime " sa préoccupation unanime quant aux mesures d'assouplissement prises lors du dernier CNS ".
La prudence est de mise.
" L'affaiblissement des mesures génère un faux sentiment de sécurité. Un assouplissement des mesures invite au laxisme. L'absence de mesures et de sanctions contraignantes se traduit par un manque d'esprit civique et un comportement égoïste. "
Le GBS constate d'une part une augmentation du nombre d'admissions à l'hôpital et en soins intensifs et d'autre part une fatigue du personnel de santé qui commence seulement à récupérer ses heures supplémentaires. Le personnel doit gérer les quarantaines que subissent leurs enfants lorsque des classes sont fermées.
" Nous pourrions très rapidement atteindre la saturation des capacités d'admission. La fatigue du personnel et l'absentéisme dû aux mesures de quarantaine, que ce soit pour le membre du personnel ou pour s'occuper des enfants, peuvent bloquer le fonctionnement normal des hôpitaux. De toute façon, il n'est pas question de fonctionnement normal, car à l'automne, en plus des activités normales, il y a les maladies saisonnières (principalement respiratoires) et maintenant aussi le Covid-19. "
Le GBS rappelle que la réhabilitation des patients covid et les maladies non traitées ou traitées trop tard restent problématiques. Certains malades continuent d'éviter d'aller à l'hôpital.
" Nous appelons à la rigueur. Nous craignons une nouvelle crise sanitaire ou même une catastrophe sanitaire. Nous espérons que la solidarité, le professionnalisme et le dévouement des professionnels de la santé pourront limiter les dégâts, malgré la fatigue. "