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Une ambulance pour sauver des vies au Sud-Kivu

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Le Dr Ntambwe est Belgo Congolais et responsable de la politique de santé chez Médecins Sans Vacances. Il nous alerte sur la situation de l'hôpital de Nyantende dans le Sud-Kivu à l'Est de la République Démocratique du Congo et sur le manque de matériel et d'effectifs. Il nous parle également de la situation sanitaire du pays.

Carole Stavart - 30 septembre 2020

Au Sud-Kivu, l'accès aux soins de santé reste difficile pour de multiples raisons. L'hôpital de Nyantende y est un des hôpitaux de référence. Situé à 11 km du centre de Bukavu, il dessert 129.000 habitants, compte six médecins, 21 infirmiers et a une capacité de 116 lits. Le Dr Augustin Ntambwe, connaît bien cet hôpital puisqu'il y a effectué plusieurs missions au début de sa carrière au sein de l'ONG : " L'accès aux soins de santé en RDC est très compliqué pour diverses raisons. Tout d'abord, pour aller à l'hôpital, il faut payer. Le système de mutuelle de santé est encore en cours de développement et en ce moment il y a toujours un système d'autofinancement et l'entraide au sein de la famille. Ajouté à cela, l'hôpital de Nyantende est difficile d'accès. Les routes ne sont pas en bon état, ce qui signifie qu'en voiture cela prend énormément de temps. Et pendant la saison des pluies, les routes ne sont plus praticables. Il faut y aller en ambulance tout terrain. Donc si une femme présente des complications lors d'un accouchement ou si une personne est atteinte de Covid, l'hôpital pourrait s'en charger. Sauf qu'ici l'ambulance est tombée en panne et n'est plus fonctionnelle. Donc, l'hôpital ne peut plus venir en aide aux habitants des alentours. "

Une ambulance pour sauver des vies au Sud-Kivu

" Si une personne est atteinte du Covid par exemple, pour la transporter de manière sécurisée sans contaminer les autres c'est tout un problème. Souvent on demande au patient de se débrouiller pour aller à l'hôpital et ça peut prendre des heures à pied, le patient est porté par des voisins sur un brancard. C'est une grande entrave au fonctionnement d'un bon système de santé ", nous explique le responsable de la politique de santé de Médecins Sans Vacances.

Une ambulance pour l'hôpital de Nyantende

Le 21 septembre, pour que les patients ayant besoin de soins urgents puissent arriver à temps à l'hôpital, Médecins Sans Vacances a lancé une campagne pour financer l'achat d'une nouvelle ambulance. Un montant de 50.000 euros doit être récolté en un mois pour acheter ce véhicule sur place et créer des formations d'ambulanciers à l'hôpital de Nyantende.

L'ONG a déjà beaucoup investi dans cet hôpital. Il y a quelques années, en 2018, il a été confronté à de sérieux problèmes électriques. Les missions chirurgicales devaient être sans cesse arrêtées, et Médecins Sans Vacances a décidé d'aider en investissant dans des panneaux solaires. Des techniciens locaux ont été formés sur place pour placer les panneaux et l'hôpital bénéficie aujourd'hui d'électricité 24h/24.

Les missions externes depuis la Belgique ont été stoppées avec la pandémie, mais les activités continuent grâce aux experts locaux, aux stages pour le personnel et aux échanges d'expériences entre hôpitaux partenaires. " On a mis en place des stratégies pour continuer à appuyer l'hôpital, ce qui permet de rester dans la dynamique ", précise Augustin Ntambwe.

Soutenez l'action de Médecins sans Vacances et faites un don pour une nouvelle ambulance pour l'hôpital de Nyantende au Sud Kivu

www.medecinssansvacances.be

Situation sanitaire au Sud-Kivu

La RDC n'a pas été épargnée par le Covid. " Depuis le début du mois de septembre, 10.235 cas confirmés ont été recensés et 260 décès dans 18 des 26 provinces du pays. Le Sud-Kivu se situe parmi les provinces les plus touchées. Elle compte, jusqu'au 6 septembre, 305 cas recensés et 46 décès. 251 cas ont été guéris et les autres cas sont en cours de traitement ", détaille le Dr Ntambwe.

" A l'hôpital de Nyantende, huit cas de Covid ont été enregistrés. Ils ont été directement envoyés à l'hôpital Panzi par manque d'équipement nécessaire pour une prise en charge correcte afin d'éviter la contamination. "

Les centres de dépistage ne sont pas très nombreux et manquent de moyen : " Au début de l'épidémie, tous les tests devaient être envoyés à Kinshasa car il n'y avait pas de centre de dépistage. Cette procédure prenait beaucoup de temps et les résultats arrivaient en retard. Depuis quelques mois, la province est dotée d'un centre de dépistage à l'hôpital Panzi. Donc on peut faire des tests PCR mais il manque de réactifs, et les examens traînent encore par moment. "

Mais le dépistage n'est pas systématique et le recensement de cas de Covid n'est pas exhaustif : " Il n'y a pas de dépistage systématique au niveau de la population et il n'y a pas de tests pour tout le monde. Si on ne se présente pas à l'hôpital, on ne peut pas être dépisté. Et les personnes provenant du milieu urbain sont clairement plus privilégiées. Mais aussi, la perception de la maladie pose problème, car beaucoup de gens ont des doutes sur l'existence de la maladie et la peur d'être stigmatisé est présente ; si on est identifié positif au Covid, on doit respecter les mesures, et ce sont des habitudes que les habitants n'ont pas. Cela rappelle l'expérience d'Ebola, très traumatisante. Le port du masque n'est pas très bien accepté non plus, car il est vu comme un acte politisé. "

Le Sud-Kivu n'est heureusement pas touché par l'Ebola, dont la 11e épidémie a été déclarée il y a peu à l'Ouest du Congo, dans la province de l'Équateur, mais il y a toujours d'autres épidémies telle que le choléra qui s'ajoutent à la pandémie de Covid.

" A l'heure actuelle, les cas de Covid ont diminué mais cela ne veut pas dire que la maladie n'est plus là. Les mesures de préventions et les gestes barrières ne sont pas respectés, donc il se peut qu'il y ait un regain qui pourrait être catastrophique ", conclut le médecin .

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