PremiumLe journal du médecin

Boire et déboires

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Dans son dernier film, Thomas Vinterberg ("Festen", "La chasse", "Loin de la foule déchaînée"...), évoque les "bienfaits" de l'alcool, notamment sur les mâles cinquantenaires dont la jeunesse s'enfuit.... horrifiée. Avec un Mads Mikkelsen en roi du Danemark, pardon de la Carlsberg...

28 octobre 2020

Martin est un cinquantenaire éteint qui fut dans sa jeunesse, il n'y a pas si longtemps, un homme séduisant, charismatique et drôle. Enfermé dans un mariage qui se délite peu à peu, ce professeur d'histoire rangé qui ne boit que de l'eau, se voit proposer par un des ses trois collègues et amis, prof de psychologique, de participer à une expérience: un philosophe norvégien du nom de Skarderud prétend qu'une certaine dose d'alcool (0,5%) dans le sang, permet aux consommateurs d 'augmenter leurs performances professionnelles et sociales.

Accompagné de deux autres amis, profs de gym et de musique, Martin qui n'est plus l'ombre de lui-même se lance dans l'expérience... allant en effet jusqu'à se dédoubler.

Politiquement incorrect dans son début, le film de Vinterberg, toujours filmé beaucoup à l'épaule et au plus près des visages selon les principes du Dogme95 (auquel adhère entre autres Lars von Trier), se révèle en creux une critique de l'univers social-démocrate protestant nordique hypercorseté, qui laisse cours à des débordements d'alcool faisant office de soupape de sécurité: que ces professeurs enseignent tous dans la dernière année de secondaire qui ouvre les portes de l'université, et sujette à une immense guindaille de fin d'année n'est sans doute pas innocent.

Il évoque aussi l'épaississement des hommes et leur auto-"extinction" progressive lorsque pris dans les rets d'une vie familiale qui parait moins aventureuse.

Il évoque enfin, par l'entremise de Kierkegaard, l'acceptation par ce Viking de Martin qui ne barre plus que son sofa, de sa propre faiblesse, de son échec qui peut se révéler une force.

Servi par des acteurs excellents (on aperçoit même Michel Dardenne dans son propre rôle, ce qui change des "frères"), dont évidemment Mads Mikkelsen, son acteur fétiche, et ses airs de bloc de granite fêlé, Drunk reste lui sobre, même si la caméra tangue beaucoup, passant sans coup férir de l'état joyeux à la gueule de bois quand ce n'est pas l'inverse. Bref, ce film a de la bouteille....

Drunk: Martin (Mads Mikkelsen) a soif... de jeunesse

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