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Covid-19 : la question de l'immunité est loin d'être résolue

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Une étude britannique confirme que la concentration en anticorps produits après une contamination par le coronavirus diminue assez rapidement et ne durerait que quelques mois. Surtout chez les personnes âgées et les individus asymptomatiques. Les conclusions d'autres travaux semblent un peu plus optimistes.

Luc Ruidant - 2 novembre 2020

Peut-on vraiment compter sur une immunité acquise pour être protégé d'une réinfection par le coronavirus ? Comment évolue-t-elle ? Combien de temps dure-t-elle et avec quel degré de protection ? Ces questions taraudent les scientifiques mais la compréhension de la réponse humorale faisant suite à l'infection par le coronavirus reste à ce jour limitée malgré les nombreuses études déjà publiées sur ce sujet.

Une équipe britannique vient de mener une vaste recherche (1) pour évaluer la persistance des anticorps. 365 104 adultes volontaires ont été recrutés au hasard, entre le 20 juin et le 28 septembre. Ils ont effectué eux-mêmes à la maison et de manière régulière des tests sérologiques pour détecter la présence d'anticorps contre le SARS-Cov-2.

Au cours de cette période, la proportion de personnes testées positives pour les anticorps contre le SARS-Cov-2 a diminué de 26,5 %, passant de 6 à 4,4 % de la population testée, ce qui suggère une réduction des anticorps dans les semaines ou les mois suivant l'infection et confirme les résultats de précédentes études à plus petite échelle, dont une espagnole (2).

"Nos résultats indiquent aussi que les personnes asymptomatiques sont susceptibles de perdre plus rapidement leurs anticorps détectables que celles qui ont présenté des symptômes," constatent les chercheurs britanniques. La proportion d'anticorps chez les personnes testées positives a baissé de 22,3 % au cours des trois mois de l'étude, alors que cette diminution a atteint 64% chez celles qui n'ont pas eu de symptômes.

Enfin, ce travail révèle que les personnes âgées sont clairement les moins bien loties. Non seulement elles sont plus à risque, mais leurs anticorps disparaissent beaucoup plus vite : entre juin et septembre, la proportion de personnes de plus de 75 ans disposant d'anticorps a diminué de 39%, tandis qu'elle n'a baissé que de 14,9 % pour les 18-24 ans.

Quasiment au même moment, une autre étude (3) de l'Instituto de Medicina Molecular à Lisbonne a suivi à partir de mars 2020, via un test sérologique, les niveaux d'anticorps de plus de 300 patients hospitalisés et agents de santé diagnostiqués avec Covid-19, 2500 membres du personnel universitaire et 198 volontaires post-Covid-19.

Elle constate une augmentation rapide des taux d'anticorps dans les trois premières semaines suivant l'apparition des symptômes et que 90% des participants présentent des anticorps détectables de 40 jours à 7 mois après avoir "contracté" la maladie.

Deux autres études, publiées début octobre, apportent un espoir de robustesse de la réponse immunitaire. Elles indiquent que les anticorps spécifiquement dirigés contre le SARS-CoV-2 persistent au moins trois mois chez des patients Covid-19 après le début des symptômes.

La première (4), américaine, s'est intéressée à 343 patients Covid-19 dont la majorité présentait une forme sévère (93% hospitalisés, 53% en réanimation, 13 % décédés) et 1548 sujets témoins non infectés par le virus. Les chercheurs ont constaté que les niveaux d'immunoglobuline G (IgG), l'un de nos anticorps qui se lie à la protéine de pointe du SARS-Cov-2, sont restés élevés chez les patients pendant quatre mois et sont associés à la présence d'anticorps neutralisants protecteurs, qui ont également montré une faible diminution de l'activité au fil du temps.

La deuxième (5), canadienne a examiné la réponse en anticorps dirigés contre le SARS-CoV-2 sur une période de 115 jours dans le sérum ou la salive de 439 et 128 patients infectés respectivement et en comparaison avec des témoins. Dans les deux fluides, les IgG anti-spike ont été détectés au maximum après 16 à 30 jours après apparition des symptômes et sont restées stables jusqu'à 105 à 115 jours après apparition des symptômes.

(références :

(1) medRxiv, 27 octobre 2020, doi : 10.1101/2020.10.26.20219725,

(2) The Lancet, 6 juillet 2020, doi : 10.1016/S0140-6736(20)31483-5,

(3) European Journal of Immunology, 21 octobre 2020, doi : 10.1002/eji.202048970,

(4) Science Immunology, 8 octobre 2020, doi : 10.1126/sciimmunol.abe0367,

(5) Science Immunology, 8 octobre 2020, doi : 10.1126/sciimmunol.abe5511)

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