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Des règles irrégulières sont associées à un risque accru de décès prématuré

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Les cycles menstruels irréguliers et longs à l'adolescence et à l'âge adulte sont associés à un risque plus élevé de mortalité prématurée, précisément avant 70 ans. Cette relation est légèrement plus forte chez les femmes qui fument.

Luc Ruidant - 5 novembre 2020

Une équipe de chercheurs sino-américaine de l'Université de Harvard a examiné les données de 79 505 femmes préménopausées, sans antécédents de maladie cardiovasculaire, cancer ou diabète, membres de la cohorte Nurses Health Study II. Ces participantes ont déclaré la durée et la régularité habituelles de leurs cycles menstruels à trois moments différents : entre 14 et 17 ans, entre 18 et 22 ans et entre 29 et 46 ans.

En 24 ans de suivi, 1 975 décès prématurés ont été notés, dont 894 par cancer et 172 par maladie cardiovasculaire. Après avoir pris en compte d'autres facteurs potentiels, tels que l'âge, le poids, le mode de vie et les antécédents médicaux familiaux, les chercheurs ont constaté que les femmes ayant déclaré avoir toujours des cycles menstruels irréguliers présentent des taux de mortalité plus élevés durant le suivi que les femmes ayant connu des cycles très réguliers dans les mêmes tranches d'âge.

Les taux de mortalité pour 1000 personnes-années pour les femmes déclarant des cycles très réguliers et les participantes signalant des cycles toujours irréguliers sont de 1,05 et 1,23 entre 14 et 17 ans, 1,00 et 1,37 entre 18 et 22 ans et 1,00 et 1,68 entre 29 et 46 ans.

De même, les femmes ayant déclaré que la durée habituelle de leur cycle était de 40 jours ou plus entre 18 et 22 ans et entre 29 et 46 ans sont plus susceptibles de mourir prématurément que celles ayant une durée de cycle habituelle de 26 à 31 jours dans les mêmes tranches d'âge.

Ces relations sont plus fortes pour les décès liés aux maladies cardiovasculaires que pour le cancer ou les décès d'autres causes. La mortalité plus élevée associée à des cycles menstruels longs et irréguliers est également légèrement plus forte chez les fumeuses.

Il s'agit d'une étude observationnelle présentant certaines limites et ne permettant pas d'établir les causes exactes de la corrélation. Toutefois, les données restent solides notamment au regard de la taille du panel étudié.

Les auteurs affirment par ailleurs que les mécanismes sous-jacents aux associations relevées sont probablement liés à l'environnement hormonal perturbé. Et ils concluent que leurs résultats, même s'ils sont de prime abord inquiétants, mettent en évidence la nécessité pour les prestataires de soins primaires d'inclure les caractéristiques du cycle menstruel tout au long de la vie reproductive comme signes vitaux supplémentaires dans l'évaluation de l'état de santé général des femmes.

(référence : British Medical Journal, 30 septembre 2020, doi : 10.1136/bmj.m3464)

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