PremiumLe journal du médecin

Testing en pharmacie: réticence des biologistes cliniques et de l'Absym

photo

"C'est avec consternation que notre union professionnelle a pris connaissance des intentions des pharmaciens d'officine de se procurer et même de réaliser dans les pharmacies, les tests de détection rapide du Covid-19", réagissent les représentants des médecins biologistes cliniques (UPBMSBM). L'Absym partage l'inquiétude des médecins biologistes et craint également que les pharmaciens en profitent pour aller sur les plates-bandes des MG. En revanche, "les pharmaciens sont les bienvenus dans les centres de triage où les tests sont effectués, dans un encadrement sécurisé et efficace garantissant également un encodage correct du résultat des tests".

11 novembre 2020

L'Absym accueille favorablement toute initiative à même de soulager la masse de travail accumulée aux cabinets des médecins généralistes. Mais l'objectif des pharmaciens "ne peut être, sous prétexte d'aider les médecins généralistes surchargés, d'utiliser l'épidémie de Covid pour tenter une nouvelle fois de s'approprier une part de médecine générale".

De plus, "cela n'a que peu de sens si cette aide se révèle inefficace, voire même potentiellement contre-productive". "Dans le contexte de la pandémie de Covid actuelle, les pharmaciens seront en effet légalement autorisés à prélever des échantillons nasopharyngés à l'issue d'une formation spécifique dispensée par un médecin. Toutefois, la réalisation de tests antigéniques rapides en pharmacie s'inscrit clairement en dehors du cadre de cette loi annoncée et va même à son encontre."

Conditions en pharmacie pas remplies

Pourquoi? Parce dans une pharmacie, "les conditions pour disposer d'un test sûr et d'une livraison rapide des résultats de test ne sont pas remplies". En effet, "la réalisation du test requiert l'utilisation d'un équipement de protection individuelle, ce qui est difficilement gérable dans une pharmacie. Les pharmaciens ne disposent pas non plus de connexion avec l'infrastructure informatique spécifique pour fournir les résultats des tests antigéniques rapides aux médecins prescripteurs ainsi qu'à Sciensano".

Rien ne garantit que les pharmaciens utiliseront les meilleurs tests rapides.

En outre, tous les tests ne se valent pas. Rien ne garantit que les pharmaciens utiliseront les meilleurs tests rapides, souligne l'Absym. "Les tests rapides ont pour but d'identifier les super-contaminateurs mais les nombreux patients moins infectés par le virus Sras-CoV-2 sont susceptibles d'afficher un résultat faussement négatif. Souvent, le résultat n'est ni négatif ni positif mais bien douteux, si bien qu'une anamnèse médicale par un médecin est pour le moins nécessaire également."

C'est pourquoi l'Absym comprend l'inquiétude de l'Union professionnelle belge des médecins spécialistes en biopathologie médicale (UPBMSBM) qui qualifie les plans des pharmaciens de médecine illégale.

"Pratique illégale de la médecine"

"Les pharmaciens ne sont pas encore habilités à pratiquer des prélèvements naso-pharyngés après avoir été spécifiquement formés par un médecin dans le contexte de la pandémie du Covid-19, mais ils le seront après publication de la loi. La demande du ministre était orientée vers un allègement des tâches des médecins, des infirmiers et des technologues des laboratoires médicaux qui doivent assurer des milliers de prélèvements tous les jours. Idéalement, ces praticiens professionnels peuvent prêter main forte aux centres de test et de triage ", commentent les Drs Henk Louagie, Jérémie Gras et Dr Alin Derom de l'UPBMSBM.

Les biologistes cliniques avancent d'autres arguments:

- Il n'existe pas encore de stratégie de test claire en matière de tests rapides antigéniques par rapport aux normes standard des tests PCR.

- Le taux élevé de faux négatifs générera de fausses impressions de sécurité qui encourageront peut-être les personnes testées négatives à suivre moins strictement les mesures préventives contre le Covid-19.

- Dès que les huit grands laboratoires (platforme 2.0) seront installés, les tests PCR pourront de nouveau être distribués dans les 24 heures via le circuit régulier. Entre-temps, trois de ces laboratoires sont devenus opérationnels. La nécessité de capacité supplémentaire ne se justifie donc plus.

- Il sera difficile d'éviter que les patients symptomatiques se présentent aussi chez le pharmacien. Malheureusement, c'est aussi ce qui arrive tous les jours dans les pratiques des généralistes et les centres de prélèvement.

- Le chronométrage du prélèvement après un contact à risque est crucial et doit être supervisé par un médecin

- "Les intentions des pharmaciens d'officine peuvent être assimilées à de la pratique illégale de la médecine, en l'occurrence, de la spécialité de la biologie clinique."

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
16 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine