PremiumLe journal du médecin

Une rentrée polémique

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Lundi, c'était la rentrée des classes après une pause inhabituelle de 15 jours. Une pause qui a vu le nombre de cas de Covid-19 diminuer, mais faut-il y voir nécessairement un lien de cause à effet? Faut-il s'inquiéter de cette rentrée des classes des moins de 12 ans, potentiels vecteurs de transmission du virus? Les avis divergent.

18 novembre 2020

"Quand l'épidémie a commencé à ralentir, cela ne pouvait pas biologiquement être la conséquence de la fermeture des écoles ", estime l'épidémiologiste Gilbert Marius sur les ondes de La Première, lundi . Selon lui, ce sont plutôt les mesures de fermetures de l'Horeca qui sont à l'origine de la baisse. Il serait donc possible d'ouvrir les écoles tout en maintenant le taux de reproduction du virus en dessous de un.

Il n'empêche qu'une étude du CHU de Liège sème le doute. L'infectiologue Christelle Meuris suit une école primaire depuis le 23 septembre. Selon elle, si les enfants ne sont pas le premier maillon de la chaîne, ils n'en constituent pas moins un vecteur de transmission " comme tout un chacun ".

Des généralistes craintifs

" Les experts viennent de redécouvrir l'eau chaude : 'les enfants se contaminent à l'école' ", réagit le Dr David Simon sur Twitter en début de semaine. " Les médecins généralistes le savent depuis que l'école existe : toutes les épidémies démarrent chaque année une semaine après la rentrée. Mais les MG ne publient pas... "

" Je suis tout à fait d'accord avec cette déclaration, tout comme celle du virologue Marc Wathelet, selon lequel 'rouvrir les écoles en présentiel ce 16 novembre était une décision non seulement odieuse, mais également criminelle' (lire l'opinion en ligne sur le site du journal du Médecin). Je désespérais de voir en Belgique quelqu'un qui développe un raisonnement strictement logique et basé uniquement sur des arguments scientifiques ", exprime le Dr Theodore Pleros, généraliste à Bruxelles, qui fait part de son inquiétude quant à la rentrée scolaire. " Je crains que la rentrée soit synonyme d'une nouvelle augmentation des cas dans une quinzaine de jours. " Pour le médecin, il n'y a qu'une solution : le masque à partir de six ans.

Des décisions basées sur des incertitudes

Cette mesure a été prise par d'autres pays en Europe (France, Espagne, Grèce, Italie), mais n'a pas été retenue par le Risk Assessment Group (RAG), le 10 novembre dernier. " Cette mesure présente plus d'inconvénients que d'avantages parce qu'on sait que les enfants vont mal le porter, qu'ils vont le toucher etc.", expliquait récemment Caroline Désir, ministre de l'Éducation.

Il faut donc, pour l'heure, se contenter d'estimations, voire d'incertitudes pour (com)prendre les décisions autour de la rentrée scolaire : les enfants de moins de 12 ans seraient moins contagieux. " On manque de données pour mesurer l'efficacité réelle de ce type de mesure ", confirme Marius Gilbert. " Des décisions sont prises sur base de données empiriques, il ne faut pas laisser penser que l'on a l'information scientifique qui nous permet d'affirmer quelque chose de façon péremptoire."

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