Etude URBAN: DTG + 3TC au quotidien

Initiée en novembre 2018, l'étude prospective allemande URBAN s'est donnée pour mission d'évaluer, en conditions réelles, l'efficacité virologique, la tolérance ainsi que le ressenti des patients concernant le traitement dual associant dolutégravir et lamivudine administré en première ligne (patients naïfs) ou dans le cadre du switch (patients expérimentés). Le congrès de Glasgow a été l'occasion, pour nos confrères allemands, de présenter des résultats intermédiaires intéressants après 6 mois de suivi.
L'analyse intermédiaire de l'étude URBAN à 6 mois concernait 307 patients, principalement des patients prétraités (92%), de sexe masculin (93%) et âgés en moyenne de 48 ans. Parmi les patients déjà sous traitement antirétroviral, 1/3 avait déjà bénéficié de 3 ou d'avantage de changements de traitement antirétroviral. A l'inclusion, 96% des patients prétraités présentaient une charge virale inférieure à 50 copies. Au sein du groupe naïf, la charge virale était de 37.100 copies à l'enrôlement. Les résultats présentés concernent 269 patients pour lesquels on dispose de données complètes.
Efficacité virologique à 6 mois
Concernant les patients prétraités (n=248), 94% des patients ont maintenu la suppression virale (< 50 copies/ml), 1%, soit 2 patients, ont présenté une charge virale entre 50 et 200 copies/ml, aucun patient n'a vu sa charge virale dépasser les 200 copies/ml, 1%, soit 2 patients, ont interrompu le traitement pour échec virologique selon l'avis du praticien et, enfin, 4% ont interrompu le traitement pour cause d'effets secondaires.
Au sein du groupe des patients naïfs (n=21), 90% présentaient une charge virale indétectable à 6 mois, 5%, soit 1 patient, avaient une charge virale supérieure à 200 copies/ml et 5% ont interrompu le traitement pour cause d'effets secondaires.
Tolérance à 6 mois et suivi du traitement
Sur l'ensemble de la population de l'étude, 5% ont interrompu le traitement. Les raisons étaient: effets indésirables du médicament (3,3%), échec virologique (0,7%), décision du patient (0,7%), décision du médecin (0,3%).
Jusqu'au sixième mois, 22 effets secondaires de grade 1 à 2 ont été documenté chez 17 patients (6%).
Pourquoi opter pour une thérapie duale ?
Les principales motivations du recours à une thérapie duale étaient pour les patients prétraités: préférence pour un traitement ne comportant que deux molécules (29%) et effets secondaires des traitements antérieurs (23%).
Pour les patients naïfs, 48% ont d'emblée marqué leur préférence pour un traité dual et 16% ont considéré qu'un traitement dual offrait une meilleure facilité de prise.
Au final, outre une excellente efficacité sur le plan virologique, le traitement dual associant dolutégravir et lamivudine a montré un excellent taux d'acceptation des patients avec une persistance de 95% à 6 mois. Attendons la suite à présent.
Réf: Postel N. et al. Poster P044, HIV-Glasgow 2020.