À Charleroi, les MG sont parés pour la coopération fonctionnelle

Avec l'ouverture du poste médical de garde (PMG) sur le site de l'hôpital Vésale à Montigny-le-Tilleul, la grande région de Charleroi compte désormais quatre PMG pour 450.000 habitants. La fin d'une restructuration du service de garde pour la Fédération des associations de médecins généralistes de Charleroi (FAGC). Une refonte qui permet, le cas échéant, de répondre à la demande de l'Inami de travailler en coopération fonctionnelle.
Avec l'ouverture du PMG de Montigny-le-Tilleul, la FAGC termine la phase de restructuration de la garde dans la région de Charleroi. "Nous étions pionniers il y a treize ans avec l'ouverture d'un PMG à Charleroi. Jusqu'à 2019, nous avons fonctionné avec ce seul PMG. L'aboutissement de notre réforme actuelle, concrétisée par la mise en place de trois nouveaux PMG, nous permet de professionnaliser et de sécuriser davantage la garde", explique Gianni Maraschiello, coordinateur général du service de garde de Charleroi.
D'un seul PMG, la grande région de Charleroi est passée à quatre au début du mois de décembre. "Nous avons ouvert deux PMG le 1er août: un à Farciennes pour couvrir l'Est de Charleroi, l'autre à Courcelles pour couvrir le Nord-Ouest de notre Région. Avec l'ouverture du PMG de Montigny-le-Tilleul le 5 décembre dernier, nous nous étendons désormais vers le sud, pour toucher les 450.000 habitants du bassin carolorégien."
Un travail de longue haleine
"Cela fait plus d'un an que nous travaillons à la restructuration de notre garde de jour", détaille Gianni Maraschiello. "C'est le fruit d'un travail de longue haleine qui a mobilisé notre cellule garde - cinq personnes - pendant une longue année", confirme le Dr Catherine Claus, vice-présidente de la FAGC et responsable de la garde. "C'est un beau projet, mis sur pied en concertation avec tout le monde afin d'arriver à un résultat qui plaise à la majorité."
Avant d'en arriver là, le projet de restructuration a dû être concerté avec le terrain. Terrain qui avait quelques réserves. "Au début, il y avait effectivement beaucoup de réticences", confirme le Dr Claus . La cause? "La peur du changement, comme souvent. Certains étaient peu enclins à ne plus faire de garde de chez eux, car ils trouvaient cela plus confortable quand il y avait peu de visites. Mais l'aspect sécuritaire et l'environnement de la garde est plus profitable pour eux au final. On a fait beaucoup de réunions et de concertations avec les responsables locaux et des responsables d'associations. Et à l'arrivée, les retours sont aujourd'hui majoritairement positifs."

Quelle plus-value?
"L'ouverture du PMG à Montigny-le-Tilleul est un peu comme la dernière pierre de la professionnalisation du service de garde carolorégien. Il s'agit bien sûr du début d'une nouvelle aventure, et il y aura certainement des ajustements à faire, mais le découpage des zones de couverture des PMG a été fait selon des critères d'accessibilité dans l'intérêt du patient", détaille Gianni Maraschiello. "L'autre intérêt réside dans la rationalisation du système qui permet de diminuer la récurrence des gardes en journée de 42%: de 17 médecins pour assurer la garde, on passe à 10 médecins."
Attention, qui dit diminution de récurrence des gardes ne dit pas diminution de la charge de travail. "Il y a une augmentation des consultations et une diminution des visites à domicile. Mais la charge de travail n'a pas diminué. Il faut effectivement moins de médecins pour effectuer le même travail, mais en contrepartie, les médecins doivent couvrir de plus grandes zones", analyse le Dr Claus. "Nous avons dû repenser les zones de couverture afin qu'elles soient à peu près comparables en termes de superficie et de personnel. Nous avons donc à peu près le même nombre de médecins répartis sur nos quatre zones."
1. Voir www.lejournaldumedecin.com/actualite/les-pmg-doivent-rester-le-libre-choix-du-mg-estime-l-absym/article-normal-44239. html
www.lejournaldumedecin.c
Où en est la coopération fonctionnelle?
Le 25 septembre dernier, le Moniteur belge a publié l'arrêté royal du 10 septembre 2020 relatif à la permanence médicale par les médecins généralistes et à l'agrément des coopérations fonctionnelles. Un arrêté qui entrera en vigueur le 1er juillet 2021.
Pour recevoir l'agrément, la coopération fonctionnelle devra répondre, dans les grandes lignes, à trois grandes conditions:
1. Couvrir une zone géographique continue d'au moins 300.000 habitants ;
2. Comprendre un PMG par tranche de 100.000 habitants ;
3. Disposer d'un PMG proche d'un service d'urgences.
À noter que des dérogations sont possibles pour organiser de plus petites zones de garde.
"L'idée de l'Inami, derrière ces coopérations fonctionnelles, est de permettre une plus grande cohérence et uniformité dans la gestion de la garde." explique Gianni Maraschiello.
Des réserves syndicales
Les syndicats émettent cependant quelques réserves.
Le GBO indique d'abord que l'AR de financement n'est pas encore passé. "Cet arrêté est d'autant plus inopérant (pour le moment) que l'arrêté de financementn'est pas (encore) publié. Il n'est pas non plus impossible que le ministre de la Santé modifie l'actuel projet (dont nous n'avons toutefois pas le projet de texte)."
L'Absym avait de son côté déjà commenté le projet d'arrêté royal fin 20191, estimant que l'AR "allait à l'encontre de la loi qualité elle-même qui laisse la liberté aux médecins généralistes d'adhérer ou non à ces coopérations fonctionnelles pour la permanence médicale". Le syndicat estimait également que le critère géographique (minimum trois PMG par minimum 300.000 habitants) augmente les déplacements du MG annulant ainsi les avantages de la création de postes de garde.