Procédure pleurale et risque d'hémorragie sous traitement par antiagrégants plaquettaires

Une étude de cohorte multicentrique menée dans 19 centres français a évalué la fréquence de survenue d'événements hémorragiques (hématome, hémoptysie ou hémothorax), au cours des 24 heures suivant la réalisation d'une procédure pleurale (thoracocentèse, biopsie pleurale, pose d'un drain pleural) sur un total de 1124 patients, dont 182 étaient traités par antiagrégants plaquettaires (aspirine seule n=142) et 942 non.
Au sein de la population globale, 15 événements hémorragiques dont 8 graves (définis comme nécessitant une transfusion, une assistance respiratoire, une intubation endotrachéale, une embolisation, une intervention chirurgicale ou entraînant le décès) ont été recensés.
Au total, 6 événements (5 graves) concernaient des patients sous traitement par antiagrégants plaquettaires (aspirine seule dans tous les cas) et 9 (3 graves) concernaient des patients non traités par antiagrégants plaquettaires, aboutissant à des incidences (IC 95%) respectives de 3,23% (1,08-5,91) et 0,96% (0,43-1,60).
Après ajustement sur les données démographiques et le nombre de facteurs de risque d'hémorragies, l'analyse multivariée indique une association significative entre les événements hémorragiques et le traitement par antiagrégants plaquettaires avec un rapport des risques (OR) de 4,13 (1,01-17,03) p=0,044 pour les événements de tout degré de gravité et de 7,27 (1,18-56,1) p=0,032) pour les événements graves.
De façon générale la décision d'arrêter ou de continuer un traitement par antiagrégants plaquettaires avant une intervention programmée repose sur une bonne analyse du risque hémorragique associé à la poursuite du traitement et du risque de thrombose artérielle encouru par son interruption.
L Dangers et al. Chest 2020 Dec 5. Online ahead of print. https://journal.chestnet.org/article/S0012-3692(20)35334-4/fulltext