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Même les fumeurs occasionnels peuvent être accros à la nicotine

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Des chercheurs américains constatent que les fumeurs légers (1 à 4 cigarettes par jour ou moins) peuvent également répondre aux critères des troubles liés à l'usage du tabac tels que définis dans le DSM-5. Ces personnes devraient dès lors être considérés comme éligibles à un traitement de sevrage.

Luc Ruidant - 21 janvier 2021

Le tabagisme reste une cause majeure de décès prématuré et la dépendance à la nicotine est un obstacle majeur à l'arrêt du tabac.

Les scientifiques ont examiné les données de 6 700 fumeurs ayant participé à une évaluation des National Institutes of Health cherchant à déterminer ceux qui répondaient aux critères de la 5e édition du Diagnostic and Statistical Manual (DSM-5) pour les troubles liés au tabagisme.

L'analyse de ces données montre que 85% des fumeurs de cigarettes quotidiens souffrent d'addiction, qu'elle soit légère, modérée ou sévère. Cette analyse a aussi permis de confirmer que plus la consommation de cigarettes est importante, plus l'addiction est forte.

Environ 35% des personnes fumant quotidiennement une à quatre cigarettes et 74% de celles qui consomment 21 cigarettes ou plus par jour sont modérément ou gravement dépendantes. Étonnamment, près des deux tiers des fumeurs légers (une à quatre cigarettes par jour) et environ un quart de ceux qui fument moins d'une fois par semaine sont accros.

Autrement dit, les personnes qui fument beaucoup ne sont pas les seules concernées par l'addiction au tabac. "Dans le passé, certains ont considéré que l'addiction concernait seulement les patients consommant 10 cigarettes par jour ou plus, et j'entends toujours cela parfois," commente le Pr Jonathan Flouds. "Cette étude révèle que même les 'petits' fumeurs, y compris ceux qui ne fument pas tous les jours, peuvent être accros à la cigarette."

Selon le Pr Jason Oliver, co-auteur de l'étude, les cliniciens ne doivent pas se contenter de demander aux fumeurs combien de cigarettes ils fument par jour car le tabagisme même léger comporte toujours des risques importants pour la santé et les résultats obtenus suggèrent que, sans accompagnement médical, beaucoup de fumeurs légers peuvent avoir de réelles difficultés à arrêter. Il convient également d'évaluer chaque patient à l'aune des onze critères énumérés dans le DSM-5.

(référence : American Journal of Preventive Medicine, 22 décembre 2020, doi : 10.1016/j.amepre.2020.10.019)

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