Le démon dans l'Idles

Sorte de mouton enragé du Sud-Ouest de l'Angleterre (ils sont de Bristol), Idles porte fier et haut sa colère, sa frustration, dans un pays foncièrement conservateur.
Ce troisième album confirme leur maîtrise hurlante ( Brutalism, s'intitulait leur bien nommé premier) qui n'est pas sans rappeler TC Matic sur l'introductif War, de par la voix de Joe Talbot et la guitare, très Jean-Marie Aerts, que Marc Bowen manie, telle une cisaille. Cette musique au scalpel s'accompagne d'une ironie grinçante sur Motivator ou l'imparable Anxiety, y compris dans ses paroles féroces sur le système de classes et le gouvernement en place.
Des morceaux porteurs d'une intranquilité, une révolte, dont le timbre vocal "manifestant" de Talbot témoigne: c'est rare, mais, à l'entendre, on visualise très bien le chanteur éructer et postillonner dans son micro (sur Kill Them With Kindness par exemple).
Entre punk ( Ne Touche Pas Moi) et garage-rock new wave à textes ( Carcinogenic), cette urgence vociférante (mais efficace) est heureusement parfois tempérée d'humour, lorsque sur Model Village, le groupe moque le Rose Garden, iconique chanson des années 60. D'amour également avec l' A calmé, The lover ou de spleen noir à la Joy Division ( A Hymn).
Bref, du Corbyn sous Redbull ou du pogo sans gogols.
Idles: Ultra Mono (Partisan Recors/Pias)