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"Nous avons su être efficaces"

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La vaccination en maisons de repos touche à sa fin. Dans huit jours, soit le 5 mars, le troisième tour en MR-MRS se clôturera. L'occasion de revenir sur le rôle joué par les médecins coordinateurs et conseillers en maison de repos (MR-MRS) durant cette phase de vaccination.

24 février 2021

"L a vaccination a commencé il y a six semaines, début janvier", rappelle le Dr Jean-François Moreau, président de l'Association francophone des médecins coordinateurs et conseillers en MR-MRS (Aframeco). "Elle prendra fin normalement le vendredi 5 mars, avec le troisième passage en institution." Pour l'heure, côté wallon, "toutes les maisons de repos ont déjà reçu les deuxièmes doses pour les résidents, et la moyenne globale de vaccination est à 89% environ", indique Stéphanie Wilmet, porte-parole de Christie Morreale.

Ce qui veut dire que la Wallonie aura mis deux mois à vacciner l'ensemble de ses institutions. Deux mois durant lesquels les médecins coordinateurs ont été sur le pont, dans un rôle protéiforme. "Le rôle du médecin-coordinateur dépend de son institution. A priori, cela se déroule comme dans les centres de vaccination: le médecin coordinateur est en stand-by, en observation en cas de réaction allergique sévère. Il a le matériel de réanimation nécessaire. Il participe en général au conditionnement des doses vaccinales et à la vaccination en tant que telle qui se fait en collaboration avec le personnel infirmier des institutions. Dans les grosses institutions, il y a une organisation qui permet de vacciner l'ensemble des résidents relativement rapidement. Le médecin-coordinateur est alors présent pour vérifier, dans le quart d'heure ou la demi-heure, s'il n'y a pas de réaction aux vaccins."

"Nous avons su être efficaces"

Une excellente collaboration

Le Dr Moreau ne relève aucun retour négatif depuis le début de la campagne de vaccination. "Tout le monde a collaboré en bonne intelligence. Cela a permis d'avancer vite et efficacement et d'obtenir des taux de vaccination plus important que dans d'autres pays, notamment au niveau du personnel. On approche des taux de 60 à 70% alors qu'au départ nous étions dans les 30-40%. En avançant et en informant, l'adhésion du personnel a augmenté, alors que c'est une population jeune qui ne se sent pas particulièrement visée par la pandémie."

Sur le plan opérationnel également, le président de l'Aframeco loue autorités. "Cela s'est très bien passé, notamment avec le Pr Englert avec qui j'ai collaboré sur les procédures en maisons de repos. La collaboration est très bonne et le climat est serein. La vaccination en elle-même s'est très bien passée également. Restent finalement les problématiques sur lesquelles cela débouche."

"Attention à ne pas discriminer"

Parmi les problèmes cités par le Dr Moreau, il y a d'abord le mode de rémunération des médecins coordinateurs. "Nous avons bientôt terminé les vaccinations et c'est toujours l'inconnue. Il n'y a pas encore eu de communication à ce sujet. Nous sommes rémunérés pour l'instant à l'instar des centres de vaccination en tant que médecin d'appui, ou comme les centres de tri Covid, soit une rémunération horaire."

Autre problème: l'ouverture des MR-MRS. Au moment de l'interview (jeudi 18 février, ndlr), la Wallonie n'avait pas encore décidé des assouplissements des mesures Covid en maisons de repos (voir encadré). Seule la Flandre s'était positionnée pour un "déconfinement" dans les centres où 90% des résidents et 70% du personnel ont déjà reçu les deux doses de vaccin.

"Pour moi, c'est l'horreur absolue, c'est discriminer les institutions en fonction du personnel vacciné", réagit le président de l'Aframeco . Car si les résidents atteignent les objectifs, les soignants, eux, peinent à atteindre le quota des 70%. "Il n'y a pas assez de personnel qui se fait vacciner", constate le Dr Moreau, trop cartésien pour comprendre le refus des 30% restants. "Je ne comprends pas. En tant que soignant, on est censé protéger les gens que l'on soigne. On ne peut pas les protéger sans se vacciner. Cela n'a pas de sens à mes yeux. C'est un vrai problème, tout comme l'accès des professionnels extérieurs qui ne seraient pas vaccinés."

D'autres débats sont également en cours, autour du secret professionnel et du respect des données. "Pour décider d'assouplir les mesures, les institutions devront se baser sur le statut vaccinal de leurs résidents et de leur personnel." Pour savoir qui est vacciné et qui ne l'est pas, il faudra forcément une source d'information qui devra correspondre aux prescrits légaux en matière de protection des données et du secret professionnel. "Il y a du pain sur la planche", estime le Dr Moreau.

Il est cependant urgent d'assouplir les mesures pour les résidents qui sont confinés depuis près d'un an. "La pression des familles se fait ressentir. Elles ne comprennent pas les restrictions malgré la vaccination. Il y a un amalgame entre vaccination et protection ou encore transmission", souligne le Dr Moreau. "Il faut cependant penser aux résidents qui sont confinés depuis maintenant un an. Leur état mental en a un pris un coup."

Le métier valorisé grâce à la crise

Avec le focus mis sur les maisons de repos au lendemain de la première vague, les médecins coordinateurs ont été mis dans la lumière. Au même titre que l'Aframeco. "L'association a effectivement, par sa position et les problématiques qu'elle a dû gérer, pris un certain envol avec la crise. Nous avons à peu près doublé notre nombre d'adhérents."

Pas étonnant donc que le gouvernement wallon travaille sur un arrêté qui redéfinit les missions et les fonctions du médecin-coordinateur. "Il y a effectivement tout un projet de refinancement, avec une augmentation des médecins-coordinateurs et une révision de leurs fonctions", confirme Jean-François Moreau . "D'autres éléments sont également sur la table, par exemple les maisons de repos qui n'ont pour l'instant pas de médecin coordinateur pourraient en avoir un."

Le déconfinement dans les MR-MRS wallonnes

La ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale, a envoyé une circulaire détaillant les assouplissements qui peuvent être introduits dans ces collectivités depuis le lundi 22 février.

Il faut que le taux de vaccination des résidents atteigne 80%, en tenant compte d'un délai de dix jours après administration de la seconde dose du vaccin. Les activités, individuelles ou collectives, peuvent alors reprendre au sein de l'établissement, ainsi que les repas en salle commune (sauf pour ceux qui sont malades), du moment que l'on garde trace de la place où chacun s'assied. Deux visiteurs sont autorisés par résident, qui peuvent changer tous les 15 jours et peuvent être des "contacts étroits" (avec contact physique), mais les visites sont consignées dans un registre.

Courses et sorties sont autorisées pour les résidents, selon les mêmes règles que la population générale, mais un résident ayant passé plus de deux jours hors de l'établissement "sera considéré et testé" à son retour "comme un contact à 'haut risque' (J0 et J7) et isolé pendant dix jours".

Quid à Bruxelles?

Le ministre de la Santé bruxellois, Alain Maron, mentionne un taux de couverture similaire à la Wallonie côté résidents avec 90% de personnes vaccinées. Par contre, le personnel est à la traîne avec 50 à 60% de taux de vaccination.

Concernant les assouplissements, on en sait pour l'heure peu. "Il y aura des assouplissements. Ils seront concertés finement avec le secteur la semaine prochaine mais aussi avec les représentants des résidents des maisons de repos", indiquait vendredi dernier le ministre sur les ondes de Matin Première.

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