AstraZeneca peut compter sur ses irréductibles Gaulois

Astracadabrantesque, AstrazeneChaos... Faites vos jeux! Le vaccin AstraZeneca n'en finit pas de faire parler de lui. Après des retards de livraisons conséquents la semaine dernière, ce sont les phénomènes thrombo-emboliques qui effrayent les gouvernements. Tous les pays voisins ont décidé de ne plus recourir au vaccin de la firme suédo-britannique, au moins jusqu'à un positionnement ferme de l'Agence européenne des médicaments (EMA) sur le sujet, attendu pour aujourd'hui. La Belgique, elle, fait cavalier seul. Un pari indispensable pour ne pas entraver la campagne de vaccination?
Face aux discours de précaution des pays voisins, la Belgique a choisi le discours rassurant, mais ferme. "Pour nous, la balance est claire et nette", a indiqué Franck Vandenbroucke, ministre fédéral de la Santé, sur le plateau du JT de la RTBF, lundi soir. "Il y a une telle circulation du virus que l'on ne peut se permettre d'interrompre la vaccination."
"Ce choix est basé sur des données scientifiques dans cette tourmente médiatico- politique qui agite l'Europe actuellement", embraye Yves Van Laethem, porte- parole interfédéral Covid-19. "Le Conseil supérieur de la santé a remis un avis favorable à la poursuite de la vaccination. Les données dont nous disposons actuellement ne nous permettent pas de dire qu'il y a un risque supplémentaire de thrombose ou de thromboembolie lié au vaccin AstraZeneca."
Ces données dont parle Yves Van Laethem, ce sont les 15,5 millions de doses administrées en Europe et au Royaume-Uni. "Dans cette masse d'informations, aucun signal ne pointe une augmentation du taux de pathologies thrombo-emboliques. Certains signaux pointent même l'inverse." Pour l'infectiologue de Saint-Pierre, il s'agit non seulement d'un vaccin dont l'efficacité a été prouvée par les études cliniques, mais également par le terrain. "Sur cette base d'efficacité extrême, nous avons décidé de continuer la vaccination, particulièrement des populations vulnérables: les plus de 65 ans. Cela ne veut pas dire pour autant que l'on fait fît de la sécurité des personnes. Derrière les chiffres, il y a des individus dont il faut tenir compte. Nous insistons pour que chaque personne rapporte ses effets secondaires, quels qu'ils soient à son médecin traitant."
L'EMA, de son côté, a répété que le vaccin présentait davantage de bénéfices que de risques. L'agence étudie actuellement les données récoltées de la vaccination afin de déceler d'éventuels phénomènes thrombo-emboliques ou de diminution du nombre de plaquettes liés au vaccin AstraZeneca. La décision est attendue ce jeudi.