En cas d'exacerbation aiguë d'une BPCO, pensons aussi à une embolie pulmonaire...

Lorsqu'un patient atteint de BPCO présente des problèmes respiratoires soudains, il faut garder à l'esprit que ce n'est peut-être pas dû à une exacerbation, mais plutôt à une embolie pulmonaire. Une étude prospective multicentrique menée dans sept hôpitaux français entre janvier 2014 et mai 2017 a examiné la prévalence de l'embolie pulmonaire chez des patients atteints de BPCO, hospitalisés en raison d'une aggravation aiguë de leurs symptômes respiratoires.
Les patients prenant des anticoagulants au long cours ont été exclus de l'étude. Le critère d'évaluation primaire était une embolie pulmonaire diagnostiquée dans les 48 heures suivant l'admission. Sur les 740 participants à l'étude (âge moyen : 68,2 ans), une embolie pulmonaire a été confirmée chez 44 patients (5,9 %) dans les 48 heures suivant leur hospitalisation. Lorsque les médecins suspectaient une embolie pulmonaire sur la base de l'évaluation clinique, celle-ci était confirmée dans 10 % des cas.
Toutefois, on a également constaté une embolie pulmonaire chez 3,2 % des patients pour lesquels on ne suspectait pas ce diagnostic. Le deuxième critère d'évaluation principal de l'étude était une embolie pulmonaire au cours d'un suivi de trois mois, chez des patients n'ayant pas de thromboembolie veineuse lors de leur admission, et qui ne prenaient pas d'anticoagulants. Sur les 670 patients de ce groupe, cinq ont développé une embolie pulmonaire (0,7 %) et trois sont décédés. Les auteurs concluent que de plus amples études sont nécessaires pour évaluer le rôle potentiel du dépistage systématique d'une embolie pulmonaire dans cette population de patients.
Source : Couturaud F, Bertoletti L, Pastre J, et al. Prevalence of pulmonary embolism among patients with COPD hospitalized with acutely worsening respiratory symptoms. JAMA. 2021;325(1):59-68. doi:10.1001/jama.2020.23567