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Un budget supplémentaire pour revaloriser le statut des Macs

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Les députés Fonck, Rohonyi et Bacquelaine ont interpellé jeudi passé en séance plénière le ministre de la Santé publique sur la situation des médecins assistants candidats spécialistes (Macs). Frank Vandenbroucke a annoncé être prêt à dégager un budget supplémentaire pour revaloriser le statut des Macs.

5 mai 2021

Catherine Fonck (cdH) a rappelé en séance plénière de la Chambre le rôle primordial des Macs dans les hôpitaux. "Ces spécialistes en formation travaillent 60 heures d'affilée sans repos. C'est lourd, très lourd. Est-ce que cela a toujours été ainsi? Oui, et j'en sais d'ailleurs quelque chose. Ce n'est pas une raison pour accepter l'inacceptable. Les représentants des Macs (lire en page 2) ont exprimé à juste titre une série de revendications sur leur rémunération, la couverture maladie et la couverture pension ; sur la durée du temps de travail et sur la qualité de la formation. La proposition faite par les hôpitaux est indécente. Elle est même en recul par rapport aux conditions actuelles des médecins assistants. En même temps, on connaît la situation financière très difficile des hôpitaux. Il est donc impossible de rencontrer les demandes des Macs sans obtenir un financement complémentaire de l'Inami. On me dit que des marges seront disponibles pour le budget santé de 2022. Monsieur le ministre, allez-vous permettre des avancées conséquentes au niveau du statut, des rémunérations, des heures de travail et de la formation des Macs en prévoyant évidemment le budget nécessaire pour les concrétiser?"

Douche froide

Sophie Rohonyi (Défi), a rappelé qu'il y a un an les Belges applaudissaient tous les soirs les soignants qui étaient au front, dont les Macs. "Ces derniers étaient en droit d'espérer de recevoir un nouveau statut, qui combinerait protection au travail et formation de qualité. Loin, très loin, du statut sui generis actuel qui les oblige à accumuler jusqu'à 96, voire 120 heures de travail par semaine, au détriment de leurs études et de leur propre santé. Aujourd'hui, c'est la douche froide. Les hôpitaux académiques leur proposent une convention de travail qui est une compilation des pires pratiques de chaque hôpital: suppression des rémunérations de garde, pas de contrôle horaire, pas de rémunération des heures supplémentaires avant soixante heures par semaine, retrait sur salaire dès le premier jour de maladie, diminution du nombre de jours de congé... À côté de cela, les Macs restent privés de chômage et de pension. À force de tirer sur la corde, elle se rompt. Ces médecins et étudiants osent exprimer leur colère en observant une heure d'arrêt de travail devant les hôpitaux. À quand une régularisation du statut, à quand une commission paritaire qui impliquerait pleinement, enfin, ces médecins en vue d'aboutir à une convention qui améliorerait leurs conditions de travail, à quand un financement supplémentaire des hôpitaux pour qu'ils puissent enfin revaloriser les salaires des Macs et à quand un système uniforme qui permettrait de contrôler les hôpitaux qui ne respectent pas les limitations des heures prestées?"

"Les spécialistes en formation fournissent un travail considérable et sont un vrai maillon de la chaîne de soins hospitaliers. Ils méritent toute notre considération, comme d'autres travailleurs. On doit être reconnaissant du rôle qu'ils ont joué durant les première et deuxième vagues", a déclaré Daniel Bacquelaine (MR) à la Chambre. "Et pourtant, leurs employeurs, les fédérations hospitalières, leur proposent un statut qui est indigne et qui n'est pas compatible avec le respect des droits sociaux dans notre pays, que ce soient en matière du contrôle des conditions de travail, des rémunérations des gardes, des heures supplémentaires, du statut en cas de maladie. C'est tout à fait inacceptable. Je pressens qu'il y a derrière cette proposition des raisons financières qui ont trait au financement des hôpitaux. Peut-être. Cela ne justifie en rien ces entorses très graves au respect des droits de ces personnes qui se forment pour la médecine de demain. Monsieur le ministre, vous avez un devoir d'injonction. Que comptez-vous faire pour rappeler les règles élémentaires en termes de protection des droits sociaux des Macs? Avez-vous ou allez-vous rencontrer les fédérations hospitalières et les associations de médecins spécialistes qui attendent un geste permettant de rétablir un climat serein dans les hôpitaux?"

Effort budgétaire annoncé

"Le statut social et les conditions de travail des médecins spécialistes en formation doivent être améliorés. J'en suis profondément convaincu. Les arguments en ce sens ont été exposés. Je suis de près les discussions qui sont en cours au sein de la Commission nationale paritaire médecins et hôpitaux. J'ai demandé à son président, Jo De Cock, de me tenir au courant", a répondu le ministre aux députés lors de la séance plénière. "Une réunion est prévue le 5 mai et le 19 mai. J'espère que des avancées seront engrangées. C'est nécessaire. Il faudra essayer de traduire tout cela avant le 1er août en réglementation. Il faut un accord concret qui réalise une amélioration tangible. Dans, l'accord médico-mut, on a prévu un montant de dix millions d'euros pour faciliter cet accord. C'est insuffisant. Je suis décidé d'ajouter des moyens budgétaires supplémentaires pour accélérer la conclusion d'un accord. Je ne vais pas faire des commentaires sur les discussions qui sont actuellement sur la table de négociation, ni sur les montants qui sont possibles. Il faut un accord et un effort budgétaire supplémentaire pour l'obtenir."

Des solutions acceptables

Que pense la fédération Unessa de la grogne des spécialistes en formation? "En tant que fédération, entre autres, du secteur hospitalier, nous participons aussi aux discussions relatives à la rémunération de base (et quelques avantages liés) des médecins spécialistes en formation. Celles-ci sont menées au sein de la Commission nationale paritaire médecin-hôpitaux. D'autres questions relatives à la formation des médecins assistants candidats spécialistes sont et seront traitées en d'autres lieux", confie Unessa au jdM. " En ce qui concerne les discussions en cours au sein de la Commission paritaire, nous ne souhaitons pas nous exprimer publiquement sur les débats car nous souhaitons laisser toutes leurs chances aux négociations. Sur base de premières propositions de négociation, les discussions se poursuivent. Chaque banc recherche des solutions acceptables pour améliorer les conditions de formation et une meilleure harmonisation de la rémunération. Cependant, nous souhaitons trouver un accord dont le financement sera garanti par l'autorité fédérale."

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