Le nouvel âge d'or du

La crise du Covid-19 a provoqué une explosion du nombre de cyclistes. De nombreuses villes européennes ont dès lors investi dans des pistes cyclables supplémentaires. Une nouvelle étude a calculé que ces investissement permettraient, à terme, de générer un à six milliards d'euros de bénéfices pour la santé.
Les moyens actifs de locomotion comme la marche ou le vélo ne sont pas seulement plus écologiques, mais également bénéfiques pour la santé. Les spécialistes de la circulation sont unanimes: l'installation d'infrastructures dédiées, comme des pistes cyclables sûres et séparées sont cruciales pour stimuler le cyclisme. Build in and they will come, dit l'expression anglaise. À savoir: mettez l'infrastructure en place, et les utilisateurs viendront d'eux-mêmes!
Les grands travaux d'aménagement prennent souvent du temps. Pendant la pandémie de Covid-19 toutefois, de plus en plus de gens se sont (re)mis au deux-roues, parce que les autres sports ou passe-temps leur étaient interdits, ou tout simplement pour limiter les risques de contamination liés aux transports publics. De quoi pousser plusieurs cités européennes à accélérer les travaux d'amélioration de leurs infrastructures cyclistes, temporaires ou non.
Nouvelles infrastructures
Sebastian Kraus et Nicolas Koch du Mercator Research Institute on Global Commons and Climate Change de Potsdam ont tenté, dans une récente étude1 de rendre compte de l'appel d'air créé par les nouvelles infrastructures cyclistes. Ils ont aussi calculé la plus-value sur le long terme des investissements promis et réalisés. Les données viennent de plusieurs sources, dont 736 compteurs vélo automatiques, dans 106 villes européennes. Ensemble, ces villes ont créé, en quatre mois, plus de 1.200 km de nouvelles (et temporaires) pistes cyclables. Berlin, Lyon, Paris, Budapest et Dublin ont installé les cycloroutes les plus récentes.
L'étude montre que chaque kilomètre parcouru à vélo permet un gain de 0,38 euro pour la santé
Les résultats montrent une très nette augmentation du nombre de cyclistes, sur le court et le long terme, à mesure que l'offre en termes d'infrastructure s'élargit. L'influence d'autres facteurs comme les conditions météorologiques, les distances parcourues dans la ville et la disponibilité d'alternatives comme les transports publics ont été filtrées. En comparaison avec d'anciens chiffres, les chercheurs ont remarqué une hausse de 41,5% du cyclisme. Une hausse qui peut indubitablement être attribuée à l'amélioration des infrastructures.
Quels bénéfices?
Les auteurs ont également calculé les avantages des investissements consentis par les villes. Rappelons ici que le coût de telles infrastructures est plutôt bas: de 9.500 euros par kilomètre pour un aménagement temporaire à Berlin jusqu'à 250.000 euros pour des pistes cyclables pérennes à Séville au cours des dernières années. Des études plus anciennes avaient déjà démontré que chaque kilomètre parcouru à vélo représentait un bénéfice de 0,38 euro pour la santé. Au vu du nombre en augmentation de cyclistes, les auteurs estiment que les pistes cyclables temporaires dans les villes étudiées ont rapporté entre 0,4 et 1,4 milliard d'euros en termes d'avantages pour la santé. Si les nouvelles infrastructures se pérennisent, ce gain pourrait osciller entre 1,8 et 5,8 milliards d'euros par an!
1. https://www.pnas.org/content/118/15/e2024399118
Les avantages du transport actif
Le baromètres de mobilité de décembre 2020 du Vias institute indique que les Belges optent de plus en plus pour des moyens de transports actifs comme le vélo ou la marche. Entre le printemps 2019 et celui de 2020, la part moyenne des cyclistes de la semaine a augmenté de 4,83% à 8,42%, et celle des marcheurs de 5,84% à 7,34%. La hausse du télétravail et la baisse des voyages suite au coronavirus expliquent en partie cette révolution. Le Vias institute y voit une occasion parfaite d'accroître la part du transport actif entre la maison et le lieu de travail, même à plus long terme, quand le retour au bureau sera plus fréquent.
Des études récentes témoignent également de l'impact positif de l'exercice physique régulier sur la santé mentale: diminution du stress, de l'angoisse et de la fatigue, ainsi qu'un meilleur équilibre psychologique et émotionnel1. Ensuite, il semble que les employés qui font régulièrement du sport tombent moins vite malades et leurs congés de maladie sont plus courts2. Le risque de maladie cardiovasculaire diminue de 40% chez les personnes pratiquant régulièrement de l'exercice physique. Le temps de rétablissement suite à une maladie grave comme le cancer s'en voit quant à lui incroyablement raccourci3.
Le Vias institute rappelle aussi les avantages financiers et fiscaux liés à une politique de mobilité active au sein de l'entreprise, comme l'exonération fiscale kilométrique très attrayante et la déductibilité des frais engagés pour stimuler l'usage du vélo. Il est cependant essentiel de suivre une formation adaptée au transport actif choisi pour se déplacer en toute sécurité.
1. Kaplan e.a., 'Psychosocial Benefits and Mood Improvement from Habitual Bicycle Use'. https://trid.trb.org/view/1572822
2. Hendriksen e.a., 'The Association Between Commuter Cycling and Sickness Absence'. DOI: 10.1016/j.ypmed. 2010.05.007
3. Cannioto e.a., 'Physical Activity Before, During, and After Chemotherapy for High-Risk Breast Cancer: Relationships With Survival'. DOI: 10.1093/jnci/djaa046