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Doktr par Proximus: les syndicats circonspects

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Proximus se lance dans la téléconsultation via son application Doktr. Le hic, c'est que cette dernière ne permet pour l'heure d'entrer en contact qu'avec un médecin et non son médecin. Une différence qui fait tiquer les syndicats médicaux, pourtant favorables à la téléconsultation.

26 mai 2021

Consulter son médecin par son smartphone: l'idée de Proximus est séduisante. "Ce projet vise à soulager le personnel soignant et à donner aux patients des outils digitaux leur permettant de prendre une part active dans leur parcours de soins", souligne le communiqué de presse de Proximus. Sauf qu'aujourd'hui, ce n'est pas "son" médecin traitant que l'application de Proximus permet de consulter, mais "un" médecin. Une différence de taille.

Proximus se veut tout de même rassurant en précisant qu'il s'agit d'une "équipe de médecins dûment formés et agréés par l'Inami" et que son application "Doktr permet aux patients d'entrer rapidement en contact avec un médecin qualifié, peu importe l'endroit où l'on se trouve, sans devoir se déplacer chez un médecin, en utilisant uniquement une app mobile". Dans une seconde phase, Proximus prévoit que via son application le patient pourra consulter son médecin traitant.

Panacée ou produit commercial?

"Le modèle de Proximus est-il la panacée?", questionne le GBO. "Dans ce modèle, les médecins qui travaillent pour l'application Doktr paieront une redevance à Proximus (qui n'en précise pas le montant). Pour les patients, l'utilisation de l'application est gratuite (pour l'instant). Et Proximus espère visiblement "récupérer" le système des prestations "avis donnés par téléphone", mis en place dans le cadre de la pandémie Covid et que les médecins peuvent facturer 20 euros à l'assurance soins de santé."

Certains généralistes n'hésitent pas d'évoquer une "uberisation" de la médecine. "C'est en tout cas un projet qui va à l'encontre de tout ce qu'on essaye de construire en médecine générale depuis longtemps", embraye le GBO. "Il va favoriser le shopping médical, coûter cher à la sécurité sociale et on risque des catastrophes dans la prise en charge bâclée par des médecins non investis."

Les griefs relevés sont légions. Outre le fait de contacter un médecin sur base aléatoire, le GBO regrette l'absence de cadre légal. "Quels types de consultations pourront se faire par cette application? Quelles consultations exigent une présence physique? Quelles balises seront mises en place pour éviter que les médecins qui travailleront avec Proximus ne soient tentés de "récupérer" le DMG du patient qui téléphone pour en devenir le médecin traitant? Ou tout simplement pour éviter que certains ne trouvent là l'occasion, gratuite (mais il est tout de même prévu qu'un module de payement soit intégré au système), d'obtenir, par exemple, un certificat de maladie?"

L'Absym, qui s'était montrée favorable au projet de Proximus dans un premier temps, rejoint les critiques émises par le GBO. "Dans la communication diffusée par Proximus, il y a un questionnement qui se pose sur l'usage que peut en faire l'opérateur. Ce n'est pas clair", confirme le Dr Philippe Devos, président de l'Absym à nos confrères de L'Echo. "Ce n'est en tout cas pas notre vision de la télémédecine."

Les syndicats ont alerté les autorités et semblent avoir été entendus puisque l'Inami compte organiser une table ronde avec tous les partenaires au sujet des téléconsultations début juin, avec le but de permettre d'élaborer un cadre réglementaire approprié.

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