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Le titre d'anticorps augmente avec l'intervalle entre les doses du vaccin

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Alors que les autorités belges viennent de décider de réduire l'intervalle entre les deux doses du vaccin AstraZeneca, une étude livre de nouvelles indications qu'un délai plus long permet justement d'obtenir de meilleurs résultats. Elle s'est intéressée au vaccin Pfizer, dont les deux doses sont en principe administrées à 21 jours d'intervalle.

26 mai 2021

On ne s'étonnera sans doute pas d'apprendre que cette nouvelle étude sur le vaccin Pfizer a été réalisée au Royaume-Uni. Le 30 décembre dernier, les autorités britanniques ont en effet décidé d'allonger l'intervalle entre l'administration des deux doses tant pour le vaccin de Pfizer que pour celui d'AstraZeneca, dans le but de pouvoir administrer rapidement une première dose - et donc une protection non négligeable - à un maximum de personnes.

3,5 fois plus

Autant dire qu'Helen Parry et ses collègues n'ont eu aucune peine à dénicher 175 sujets de plus de 80 ans dont une partie avaient reçu leurs deux doses du vaccin Pfizer à trois semaines d'intervalle et les autres, à 11-12 semaines d'intervalle.(1)

Les indicateurs disponibles étaient encourageants: en mars, une grande étude avait constaté que l'efficacité du vaccin AstraZeneca augmentait lorsque la seconde dose était administrée après 12 semaines ou plus plutôt qu'après six semaines ou moins (81,3% vs 55,1%).(2)

Après la seconde dose du vaccin Pfizer, Parry et al. ont observé des anticorps contre la protéine spike chez l'ensemble des participants... mais les titres étaient en moyenne 3,5 fois plus élevés dans le groupe où l'intervalle entre les deux doses était plus long (4.040 U/ml vs 1.138 U/ml dans le groupe où cet intervalle était plus court).

Les investigateurs ont également évalué l'immunité cellulaire. Dans le groupe "intervalle court", une réponse cellulaire mesurable était présente chez 60% des sujets deux à trois semaines après administration de la seconde dose, mais chez 15% seulement huit à neuf semaines plus tard (soit environ 12 semaines après la première dose).

Dans le groupe "intervalle long", une réponse cellulaire n'était présente que chez 8% des participants après cinq à six semaines... mais deux à trois semaines après la seconde dose (soit 14-15 semaines après la première), cette proportion était de 31%.

Controverse

Ces données sont néanmoins à prendre avec une certaine prudence. Des preuves tangibles d'une meilleure protection devront en effet encore être apportées par des essais cliniques ou au minimum par des études en vie réelle.

Il faut néanmoins admettre que des données de recherche de plus en plus nombreuses confirment que le titre d'anticorps spécifique est un bon marqueur de la protection contre l'infection par le Sars-Cov-2. Ceci explique sans doute pourquoi le Dr Gayatri Amirthalingam, consultant auprès des autorités britanniques, s'est avancé à affirmer que " la réponse anticorps accrue observée chez les personnes qui avaient reçu les deux doses du vaccin Pfizer avec un intervalle allongé de douze semaines constitue un argument supplémentaire en faveur de la stratégie du Royaume-Uni, qui donne la priorité à l'administration de la première dose."

Des données de recherche de plus en plus nombreuses confirment que le titre d'anticorps spécifique est un bon marqueur de la protection contre l'infection par le Sars-Cov-2.

Malgré tout, le débat fait rage entre le gouvernement britannique et certains experts, qui soulignent qu'il est imprudent de vouloir étaler les doses sans autre forme de procès pour l'ensemble des vaccins. D'après ces mêmes spécialistes, les chiffres positifs observés à l'heure actuelle s'expliqueraient d'ailleurs surtout par le confinement extrêmement strict de ces derniers mois...

1. UK Coronavirus Immunology Consortium (uk-cic.org) - Delaying second Pfizer vaccines to 12 weeks significantly increases antibody responses in older people

2. Lancet 2021 ; 397: 881 -91.

Un nouveau modèle murin pourrait booster la recherche

Si les souris ont déjà rendu de fiers services à la recherche fondamentale au fil des années, pour le Covid-19, les choses n'ont pas été si simples. Le Sars-Cov-2 ne semble en effet pas reconnaître les récepteurs ACE2 de ces rongeurs et ne trouve donc pas de "porte d'entrée" pour pénétrer dans leurs cellules. Pour contourner ce problème, les scientifiques ont cherché dans un premier temps à cultiver un variant du virus capable de se fixer aux récepteurs ACE2 murins. Les souris ont ainsi pu être infectées... mais malheureusement sans développer les symptômes typiques observés chez l'homme, ce qui compliquait évidemment beaucoup l'évaluation de l'effet protecteur des vaccins par les chercheurs.

Heureusement, une équipe américaine a fini par trouver la solution. Les scientifiques ont commencé par infecter des souris au moyen d'un variant capable de déclencher l'infection. Ils ont ensuite été prélever des virus directement dans leurs poumons afin de les utiliser pour infecter d'autres individus, et ainsi de suite. Grâce à cette transmission en série, ils ont fini par obtenir un modèle murin qui non seulement développe les symptômes propres au Covid-19, mais produit aussi des anticorps capables, in vitro, de bloquer une souche humaine du Sars-Cov-2. De quoi faciliter grandement l'étude de la réponse immune après vaccination ou infection dans le cadre du Covid-19...

Nature 2021 ; doi: https://doi.org/10.1038/d41586-021-01251-0.

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