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Les bêta-bloquants pour traiter l'HTA chez les personnes vivant avec le VIH associés à une moindre protection cardiovasculaire

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Une étude, publiée dans la revue Hypertension, alerte sur l'utilisation encore bien trop fréquente des bêta-bloquants comme traitement de première intention chez les personnes hypertendues vivant avec le VIH et surtout sur l'infériorité potentielle de ces agents par rapport aux IEC/ARA II en terme de bonne prévention du risque de survenue d'événements cardiovasculaires majeurs.

Jean-Luc Schouveller - 3 juin 2021

A l'Université de Pennsylvanie, le Dr Leah Rethy et ses collaborateurs ont cherché à savoir quelle serait la classe d'antihypertenseurs la mieux à même de prévenir la survenue d'événements cardiovasculaires majeurs chez les personnes vivant avec le VIH et souffrant d'hypertension artérielle.

Pour ce faire, ils se sont tournés vers la banque de données du département américain des anciens combattants (Veterans Affairs) pour examiner les dossiers de 8041 anciens militaires séropositifs souffrant d'HTA qui ont reçu des soins entre 2000 et 2018.

Ces participants avaient un âge moyen de 53 ans, 97% étaient des hommes, 50% étaient de race caucasienne, 75% étaient sous traitement antirétroviral et 78% n'avaient aucun antécédent de maladie cardiaque, vasculaire ou d'arythmie lors de leur inclusion.

La majorité de ces personnes étaient déjà sous traitement pour l'HTA avant leur entrée dans l'étude. Les principaux traitements de première intention comprenaient les IEC/ARA II (24%), les diurétiques (23%), les bêta-bloquants (13%) et les inhibiteurs calciques (11%). La période de suivi médiane était de 7 ans.

Résultats

  • Premier constat inquiétant, près de 1 patient sur 8 était traité pour son HTA par un bêta-bloquant bien que cette classe thérapeutique ne soit pas recommandée pour le traitement de première intention.
  • Par rapport aux IEC/ARA II, les bêta-bloquants présentent un risque accru de voir survenir un événement cardiovasculaire majeurs et ne peuvent donc être considérés comme sûrs en terme de prévention. Ainsi, on constate une augmentation de 54% du risque de maladies cardiovasculaires incidentes ou récurrentes ou de décès, une augmentation de 79% du risque de maladies cardiaques incidentes ou de décès et une augmentation de 90% du risque de maladies cardiaques incidentes. Notons enfin, que ni les diurétiques, ni les inhibiteurs calciques n'étaient associés à un risque accru de maladies cardiovasculaires ou de décès par rapport aux IEC/ARA II.
  • Si on se concentre à présent sur le sous-groupe des patients ayant déjà présenté un événement cardiovasculaire avant son inclusion dans l'étude, on constate, là aussi, que les bêta-bloquants sont associés à un risque accru de maladies cardiovasculaires puisque le risque de récidive et de décès est augmenté de 71% et celui de la survenue d'une insuffisance cardiaque augmente de 47% par rapport au recours en première intention aux IEC/ARA II.

Pour tenter de comprendre pourquoi les bêta-bloquants présentent des piètres résultats, les investigateurs proposent plusieurs pistes. Ainsi, ils suggèrent que les effets secondaires métaboliques des bêta-bloquants, tels qu'une diminution de la sensibilité à l'insuline et une prise de poids pourraient aggraver l'impact négatif de certains traitements antirétroviraux sur les lipides, le risque de diabète et les profils métaboliques.

De plus, contrairement aux IEC/ARA II, il n'a pas été démontré que les bêta-bloquants avaient un effet bénéfique sur la fonction endothéliale.

Réf: Rethy LB et al. Hypertension, mise en ligne avant publication, 05/04/2021.

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