Dissection de l'artère cervicale, les anti-vitamines K restent la meilleure option

Chez les sujets jeunes (<50 ans), la dissection de l'artère cervicale est une cause majeure d'AVC. Les sujets atteints sont en général traités par antagonistes de la vitamine K (AVK), mais sur base de données majoritairement observationnelles, certaines directives suggèrent l'aspirine comme alternative plus commode et moins coûteuse. Mais prévient-elle aussi efficacement les événements subséquents ?
TREAT-CAD est une étude multicentrique (10 centres d'AVC de Suisse, d'Allemagne et du Danemark), randomisée, ouverte visant à démontrer la non-infériorité de l'aspirine (300 mg/j) versus une anticoagulation orale par AVK (phénprocoumone, acénocoumarol ou warfarine, INR de 2,0 à 3,0) chez des sujets ayant subi une dissection de l'artère cervicale symptomatique vérifiée par IRM et datant au maximum de 2 semaines.
La durée de traitement était de 90 jours. Le critère d'évaluation principal était un composite de résultats cliniques (AVC, hémorragie majeure ou décès) et IRM (nouvelles lésions cérébrales ischémiques ou hémorragiques infracliniques) évalués 14 (résultats cliniques et IRM) et 90 jours (résultats cliniques uniquement) après le début du traitement dans la population effectivement traitée (per protocole).
Au total 194 patients ont été recrutés, 100 (52%) assignés à l'aspirine et 94 (48%) à un AVK. La population per protocole comprenait 173 patients, aspirine 91 (53%) et AVK 82 (47%). Il est rapporté 19 événements indésirables dans le bras aspirine et 26 dans le bras AVK.
Le critère d'évaluation principal a été documenté chez 21 (23%) patients du bras aspirine (7 AVC ischémiques et 14 nouvelles lésions IRM infra-cliniques) et chez 12 (15%) patients du bras AVK (1 hémorragie extra-crânienne majeure et 11 nouvelles lésions IRM infra-cliniques). Il n'y a pas eu de décès.
La différence absolue de risque est de 8% avec des IC 95% allant de -4 à +21, ne démontrant donc pas la non-infériorité de l'aspirine (le seuil supérieur de l'IC 95% ne devait pas excéder 12%).
D'après Engelter ST et al. Lancet Neurol. 2021; 20: 341-50.
https://www.thelancet.com/journals/laneur/article/PIIS1474-4422(21)00044-2/fulltext