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L'UGent développe un protocole innovant pour le blocage respiratoire prolongé

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Le blocage respiratoire profond (DIBH) est l'une des techniques utilisées pour réduire la dose de rayonnement pouvant irradier le coeur chez les patients atteints d'un cancer du sein. Des techniques de radiothérapie plus complexes, telles que l'IMRT et la VMAT, impliquent toutefois un beam-on time plus long, de sorte que de nombreux DIBH courts successifs sont nécessaires.

18 juillet 2021

En raison des divers inconvénients de ces techniques, des chercheurs de l'UGent ont mis au point un protocole innovant, facile, peu coûteux et confortable, qui permet aux patients de réaliser un blocage respiratoire prolongé (L-DIBH).

Situation actuelle

Afin de réduire la dose de rayonnement reçue par le coeur chez les patients atteints d'un cancer du sein (principalement du côté gauche), le DIBH (le patient doit inspirer profondément, afin d'augmenter la distance entre le coeur et le sein), le décubitus ventral ou des schémas de radiothérapie plus complexes tels que l'IMRT et la VMAT peuvent être utilisés. Mieux encore, une combinaison de ces trois techniques. Toutefois, lors de l'utilisation de ces techniques plus compliquées, le beam-on-time peut atteindre 7 minutes. "Dans la majorité des hôpitaux, les patients doivent réaliser des DIBH successifs. Cependant, la plupart ne parviennent pas à retenir leur respiration plus de 30 secondes environ. La dose totale de rayonnement doit dès lors être scindée," explique le doctorant Dr Vincent Vakaet (CRIG, UGent). "Lors de telles techniques, 8 à 15 DIBH sont nécessaires, ce qui allonge le traitement."

Cette méthode offre la plus grande facilité d'utilisation et ne nécessite qu'une formation et une préparation minimales.

En plus de cette difficulté, les patients sont aussi très fatigués après autant de DIBH courts successifs, ce qui génère du stress. De plus, le risque de positionnement incorrect augmente avec le nombre de DIBH.

Blocage respiratoire prolongé

Afin de permettre au patient de retenir sa respiration plus longtemps, une combinaison de trois méthodes peut être utilisée: hyperventilation, pré-oxygénation et gonflement du poumon. "L'hyperventilation réduit le taux de CO2 dans le sang, retardant le signal pour recommencer à respirer. L'oxygénation augmente les réserves en oxygène, tandis qu'une inspiration complète allonge la durée du blocage respiratoire." Le contrôle de la respiration à l'aide de la ventilation mécanique pendant la radiothérapie a déjà été étudié chez des patients atteints d'un cancer du sein, mais cette technique n'est pas encore standard. Un groupe de recherche de l'UCL travaille actuellement à sa mise en pratique. Ces techniques sont très intéressantes, mais elles sont aussi très complexes, coûteuses en matériel et nécessitent une expertise.

Une équipe de recherche de l'UGent, sous la direction du Pr Liv Veldeman (UZ/UGent), a développé un nouveau protocole, facile et efficace, qui utilise l'oxygénothérapie à haut débit par canule nasale (HFNO) et permet un L-DIBH de 3 minutes en moyenne. 1 "Le but était de permettre d'administrer aisément une radiothérapie, avec des blocages respiratoires plus longs, et donc moins nombreux, pour améliorer ainsi le confort, mais aussi la reproductibilité", selon le Dr Vakaet.

Protocole innovant

Lors de l'étude HOBBIT, 32 volontaires en bonne santé ont réalisé 3 L-DIBH successifs pendant 4 jours. Afin de déterminer le protocole optimal, ces études ont examiné l'influence de diverses variables, telles que la durée de l'hyperventilation, le débit d'oxygène et la fréquence respiratoire, tant en décubitus ventral qu'en décubitus dorsal. Ensuite, cette technique a été validée chez 8 patients atteints d'un cancer du sein, en décubitus ventral. Les patients pouvaient déterminer eux-mêmes la pause entre chaque L-DIBH. La durée médiane de la L-DIBH chez les patients atteints d'un cancer du sein s'est améliorée, en moyenne, de 59 secondes (IQR: 41 secondes - 1 minute 8 secondes) sans assistance à 3 minutes et 9 secondes (IQR: 2 minutes 6 secondes - 3 minutes 45 secondes) à l'aide du protocole (p < 0,001). En outre, les sujets présentaient une saturation en oxygène de 100% à la fin de chaque série et n'étaient pas fatigués.

Le doctorant Dr Vincent Vakaet (CRIG, UGent).
Le doctorant Dr Vincent Vakaet (CRIG, UGent).

"Notre protocole utilisant la HFNO présente quelques avantages par rapport à d'autres techniques étudiées, notamment la ventilation mécanique et la ventilation par percussion à haute fréquence (HFPV). Notre méthode offre la plus grande facilité d'utilisation et ne nécessite qu'une formation et une préparation minimales. Les autres techniques exigent toutes une adaptation individuelle et une préparation plus longue. En outre, un respirateur mécanique requiert l'utilisation d'un masque facial ajusté, ce qui accroît l'inconfort pour le patient, mais doit être étanche à l'air. La HFPV doit aussi être étanche et, à l'instar de la ventilation mécanique, est plus coûteuse. La canule nasale de la HFNO, enfin, peut être utilisée aisément en décubitus ventral et l'appareil de HFNO est peu sensible au rayonnement."

Depuis l'étude, cette technique a été appliquée à d'autres sujets, sous forme de 3 L-DIBH successifs de 2 minutes chacun, mais cette fois avec une pause de 20 secondes seulement. "Tous les sujets ont pu atteindre un L-DIBH total de 6 minutes, à savoir 3 fois 2 minutes. Nous venons également de tester cette technique avec l'IRM, afin d'observer les mouvements des patients pendant un L-DIBH. Nous avons examiné le poumon ; les premiers résultats des mouvements inter et intrafractions pendant le L-DIBH sont positifs. À l'avenir, nous étudierons la possibilité d'étendre cette technique à la radiothérapie du poumon et du foie. L'étape suivante est une étude de faisabilité de l'utilisation de cette technique dans la pratique."

Références

1. Vakaet V, et al. Clin Transl Rad Oncol 2021 ; 28: 10-16

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