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Cancer du poumon : il n'est jamais trop tard pour en finir avec le tabac

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Une étude prospective fournit des preuves solides indiquant que cesser de fumer après le diagnostic de cancer du poumon à un stade précoce est associé à une amélioration significative de la survie globale et de la survie sans progression de la maladie.

Luc Ruidant - 9 août 2021

Une nouvelle recherche, menée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), révèle que peu importe le moment où un patient décide de ne plus fumer, cela augmente son espérance de vie, même s'il est atteint d'un cancer du poumon, cancer le plus mortel au monde.

Entre 2007 et 2016, les chercheurs ont recruté 517 fumeurs diagnostiqués à un stade précoce (IA à IIIA) de cancer du poumon non à petites cellules dans les services de chirurgie thoracique de deux sites à Moscou et ils les ont suivis pendant sept ans en moyenne, enregistrant chaque année tout changement de leur comportement tabagique et leur état de santé. Au cours du suivi, 327 patients (63,2 %) sont décédés, 273 (52,8%) directement à cause du cancer et 172 (33,7 %) en raison de la progression tumorale (récidive locale ou métastase).

Environ 42 % des patients (220 participants) de cette étude ont arrêté de fumer pendant la période de suivi, la plupart d'entre eux dans les trois mois suivant le diagnostic et ils sont restés non-fumeurs jusqu'à la fin du suivi.

Les scientifiques constatent un gain moyen de près de 21,6 mois en termes de survie globale pour les patients ayant arrêté de fumer par rapport à ceux qui ont continué de fumer (6,6 ans versus 4,8 ans). Une survie globale à cinq ans plus élevée (60,6% vs 48,6%) et une survie sans progression de la maladie (54,4% vs 43,8%) ont été observées chez les patients qui ont arrêté de fumer vs ceux qui ont continué à fumer.

De plus, chez les patients qui ont arrêté le tabas, le risque de mortalité toutes causes est réduit de 33% par rapport à celui rapporté chez les patients ayant continué de fumer, et le risque de mortalité par cancer de 25%. L'arrêt du tabac est aussi bénéfique sur la progression de la maladie, avec une réduction de 30% du risque.

Des effets protecteurs similaires ont été mis en évidence quel que soit le stade de la maladie, aussi bien chez fumeurs légers à modérés que chez les gros fumeurs.

"Ces nouveaux résultats suggèrent fortement que les patients devraient être encouragés à arrêter de fumer à tout moment et à chaque visite après le diagnostic, quel que soit le stade de leur tumeur, le statut de leur traitement ou l'intensité du tabagisme," explique le Dr Brennan.

(référence : Annals of Internal Medicine, 27 juillet 2021, doi : 10.7326/M21-0252)

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