TANGO: bilan métabolique à 3 ans de suivi

L'étude TANGO a, certes, démontré la non infériorité sur le plan virologique d'un passage vers une thérapie duale DTG/3TC par rapport à la poursuite d'une tri-quadrithérapie centrée sur le TAF chez des patients expérimentés mais qu'elle est l'impact métabolique de cette transition vers un traitement allégé et dont le TAF est absent ? Réponse avec cette analyse post-hoc fouillée présentée lors du récent congrès virtuel de l'IAS.
Pour dresser ce bilan de l'évolution métabolique, sur une période de 3 ans, des patients inclus dans l'essai TANGO, les investigateurs se sont focalisés sur 4 paramètres métaboliques majeurs: le poids, le profil lipidique, le métabolisme glucidique et le syndrome métabolique.
Le poids
Entre l'inclusion dans l'étude et la semaine 144, soit une durée de 3 ans, la variation moyenne du poids constatée était similaire dans les deux groupes: + 2,2 kg pour le groupe DTG/3TC et + 1,7 kg pour le groupe tri-quadrithérapie centrée sur TAF.
La variation de poids observée lors de l'étude est comparable à ce qu'on observe au sein de la population générale, soit entre 0,5 kg et 1 kg par an ce qui, sur une période de 3 ans, correspond à une prise de poids attendue de 1,5 à 3 kg en moyenne.
Une prise de poids d'au moins 5% et d'au moins 10% depuis l'inclusion a été respectivement observée chez 39% et 13% des patients sous thérapie duale et chez 31% et 12% des patients ayant poursuivi le traitement classique comportant du TAF.
L'étude a aussi permis de déterminer quelques facteurs favorisant des prises de poids d'au moins 10%: durée du traitement par TAF avant inclusion, âge et le sexe féminin.
Lipides
Sur la période de suivi de trois ans, on constate que les variations du cholestérol total, du LDL-cholestérol et des triglycérides est en faveur de la thérapie duale DTG/3TC. Par contre, l'évolution du HDL-cholestérol est plus favorable pour les patients poursuivant un traitement par tri-quadrithérapie centrée sur le TAF.
Profil glycémique
Les évolutions observées au cours des trois années de suivi concernant la glycémie à jeun, la résistance à l'insuline basée sur l'évaluation de l'HOMA-IR ( +11,2% pour DTG/3TC vs + 11% pour traitement classique avec TAF) et la prévalence du syndrome métabolique sont similaires dans les 2 groupes.
Réf: van Wyk J. et al. PEB164, IAS 2021.