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Vivre en altitude réduit le risque d'avoir un AVC et d'en mourir

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Selon une étude épidémiologique, les personnes qui vivent à des altitudes plus élevées présentent moins de risque de souffrir d'un AVC, d'être admises à l'hôpital et d'en mourir. L'effet protecteur de l'altitude est surtout valable entre 2 000 et 3 500 m.

Luc Ruidant - 7 octobre 2021

Alors que dans le monde, plus de 5,7% de la population réside au-dessus de 1 500 m d'altitude, les études évaluant l'effet de l'altitude sur les AVC ont fourni des résultats contradictoires.

Comte tenu du fait que la présence des Andes équatoriennes signifie que les habitants de l'Équateur vivent à un large éventail d'altitudes, les chercheurs de ce pays sont dans une position unique pour tenter d'y voir plus clair concernant l'association entre AVC et altitude.

L'équipe a étudié les dossiers hospitaliers en Équateur entre 2001 et 2017, et évalué les niveaux d'hospitalisation et de décès pour AVC chez plus de 100 000 personnes vivant à quatre niveaux d'altitude différents : basse altitude (moins de 1 500 mètres), modérée (1 500 à 2 500 mètres), haute (2 500 à 3 500 mètres) et très haute (3 500 à 5 500 mètres).

Au total, 38 201 décès et 75 893 admissions à l'hôpital pour cause d'AVC ont été signalés. Les personnes vivant en haute altitude présentent une mortalité par AVC plus faible de 9% chez les hommes et de 17% chez les femmes. En outre, ces mêmes personnes ont un risque significativement plus faible de 45% d'admission à l'hôpital par rapport au groupe de basse altitude chez les hommes et de 35% chez les femmes. Cet effet protecteur s'est atténué un peu au-dessus de 3 500 mètres. En outre, l'étude montre qu'au-dessus de 2 500 mètres, les personnes ont tendance à subir un AVC à un âge plus avancé que celles vivant à des altitudes plus basses.

Plusieurs hypothèses sont évoquées par les chercheurs pour expliquer ce phénomène protecteur de la haute altitude. Il se peut que les personnes vivant sur les hauteurs se soient adaptées aux conditions de faible teneur en oxygène et développent plus facilement de nouveaux vaisseaux sanguins pour aider à surmonter les dommages liés à l'AVC. Elles peuvent également avoir un réseau vasculaire plus développé dans leur cerveau qui les aide à tirer le meilleur parti de l'oxygène qu'elles consomment, mais cela pourrait aussi les protéger des pires effets de l'AVC.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour identifier les mécanismes à l'oeuvre.

(référence : Frontiers in Physiology, 30 septembre 2021, doi : 10.3389/fphys.2021.733928)

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