Quand le coeur bat la campagne

Avec "Tout nous sourit", Melissa Drigeard réussit en effet un film souriant, riant même, dans lequel Elsa Zylberstein et Stéphane De Groodt font preuve d'une complicité de vieux couple. Et pour cause...
Un couple qui a tout, pourtant usé par la vie, l'habitude et trois beaux enfants: Audrey, présentatrice célèbre d'émission de santé, Jérôme journaliste de rock inoxydable. Elle part à Milan mais retrouve à Paris son italien lover, il part dans un festival, surtout voir les fesses de la jeune et jolie stagiaire de son journal.
Pas de chance: si leurs coeurs battent la campagne, ils choisissent tous deux comme théâtre de leurs liaisons adultères, la maison de même style et de famille, à deux pas de celle des parents d'Audrey dont le père, aspirant poète, a décidé de cesser les traitements et d'attendre patiemment la mort....
D'un scénario aussi épais qu'une scène d' Un éléphant ça trompe énormément, Mélissa Drigeard tire une comédie un rien dramatique délicieuse, pleine de surprises, de petits retournements de coeurs et de drôlerie. Les dialogues sont ciselés, les réparties fusent, le rythme est celui d'une chamade adultérine - soutenu. Mais, sous le sourire et les rires, la mélancolie sourde et immuable du temps qui passe.
Un très joli film, porté par un casting épatant, avec en son centre le duo Elsa Zylberstein, parfaite en femme adultère entre remords et petite mort, et Stéphane De Groodt, à la fois d'une épaisseur et d'une finesse étonnante face à cette grande et belle actrice, trop peu "exploitée".
Seule fausse note de ce "feel-good movie" à l'ancienne -, et pour cause, la musique, d'un gnangnan insupportable. Au cours du récit, Stéphane De Groodt casse pourtant une guitare: hélas... pas la bonne.
