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APOE4, ce paradoxe génétique pour la cognition

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La variante génétique APOE4 est connue pour augmenter les risques d'Alzheimer. Comment un gène provoquant une maladie grave peut-il persister, génération après génération? Une étude récente donne une réponse plausible et intéressante à cette question.

13 octobre 2021

Le gène APOE code pour l'apolipoproteine E. Près d'une personne sur quatre est porteuse d'une copie de la variante spécifique APOE4, ce qui la rend trois fois plus susceptible de contracter la maladie d'Alzheimer. Deux copies multiplient le risque par douze, voire davantage.

La persistance d'un gêne nocif pendant des centaines de milliers d'années peut s'expliquer par le fait que le portage d'une copie seulement présente des avantages. Ainsi, des personnes porteuses d'un seul gène de l'anémie falciforme sont protégés contre la malaria. Les chercheurs voudraient savoir si le même processus est à l'oeuvre dans le cas de l'APOE4. L'année passée, une étude avait déjà montré que les porteurs issus de différentes catégories d'âge obtenaient un score légèrement meilleur à un test de reconnaissance et de localisation d'objets, comparés au reste de la population.

Une nouvelle étude menée par des chercheurs britanniques porte aujourd'hui sur 398 personnes, toutes suivies depuis leur naissance et aujourd'hui dans leur septantaine. Au moment de l'étude, celles-ci ont obtenu un score normal aux tests standard de cognition. Comparé à l'étude précédente, les chercheurs ont ici effectué des IRM cérébraux. Des plaques b-amyloïdes ont ainsi pu être détectées chez certains.

Avantages limités

Chacun a réalisé un test permettant de déceler des déficits subtils. Le participant recevait ainsi l'image d'un objet, puis, peu de temps après, de deux objets. Il devait alors mentionner lequel de ces deux objets il avait vu précédemment et le faire glisser à sa place originale.

Comparé aux autres, les personnes porteuses d'une variante APOE4 ont obtenu un score 14% supérieur lors de l'identification et 7% supérieur lors du déplacement des objets. Chez les participants avec des plaques b-amyloïdes, les scores étaient globalement 19% plus bas, mais ici aussi, la présence d'APOE4 présentait un avantage, en particulier lors du déplacement des objets par les personnes au taux d'amyloïdes supérieur. L'APOE4 semble donc constituer un plus, même si son action est limitée, puisque dans la même étude, les porteurs réussissent certes mieux aux tests sur la mémoire à court terme, mais pas à ceux sur la mémoire à long terme.

Il est plausible que l'influence positive du gène APOE4 sur la mémoire à court terme présente un avantage évolutif, ce qui expliquerait sa persistance.

Science - The most common Alzheimer's risk gene may also protect against memory loss

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