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Un bébé qui fait bien ses nuits a moins de risques de surpoids

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Une étude américaine suggère que les nouveau-nés qui dorment plus longtemps et se réveillent moins souvent durant la nuit sont moins susceptibles d'être en surpoids pendant les six premiers mois de leur vie.

Luc Ruidant - 9 novembre 2021

On sait depuis longtemps que dormir suffisamment la nuit est essentiel pour rester en bonne santé. Bien qu'une association entre un sommeil insuffisant et un excès d'adiposité soit bien établie chez les adultes et les enfants plus âgés, ce lien n'avait pas encore été démontré chez les nourrissons qui connaissent des changements rapides dans leurs habitudes de sommeil et d'éveil.

C'est désormais chose faite avec cette étude de cohorte longitudinale du Brigham and Women's Hospital durant laquelle les chercheurs ont suivi 298 bébés nés à terme dans un hôpital du Massachusetts, entre 2016 et 2018. Ils ont surveillé leurs habitudes de sommeil à l'aide de montres actigraphiques fixées aux chevilles des nouveau-nés. Ces appareils mesurent les habitudes d'activité et de repos sur plusieurs jours. Les chercheurs ont extrait trois nuits de données à un et six mois pendant que les parents ont tenu des journaux de sommeil, enregistrant les phases de sommeil et d'éveil de leurs enfants.

Pour collecter des mesures de croissance, les scientifiques ont mesuré la taille et le poids des nourrissons et déterminé leur indice de masse corporelle. Les nourrissons ont été classés comme en étant surpoids s'ils tombaient dans ou au-dessus du 95e centile sur les courbes de croissance de l'Organisation mondiale de la santé.

Les scientifiques ont notamment découvert qu'une seule heure de sommeil supplémentaire entre un et six mois est corrélée à une diminution de 26% du risque de surpoids à cet âge. En outre, moins le sommeil est agité, mieux c'est : chaque diminution d'une unité du nombre de périodes d'éveil est associée à une réduction de 16% du risque de prise de poids excessive.

Bien qu'on ne sache pas exactement pourquoi cette corrélation existe, les auteurs pensent que dormir davantage favorise des pratiques alimentaires plus routinières et mieux régulées, des facteurs qui atténuent la suralimentation.

Tout en indiquant que les Afro-Américains et les familles de statut socio-économique inférieur sont sous-représentés dans leur ensemble de données et que des variables confusionnelles, telles que la durée de l'allaitement, peuvent avoir un impact sur la croissance du nourrisson, Susan Redline et ses collègues souhaitent désormais étendre cette étude pour évaluer l'impact des habitudes de sommeil sur la croissance au cours des deux premières années de la vie et identifier les facteurs clés qui interviennent dans la corrélation entre le sommeil et la prise de poids.

(référence : Sleep, 22 octobre 2021, doi : 10.1093/sleep/zsab243)

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