The Notwist: Vertigo Days

Groupe allemand - quatuor qui se résume désormais à un trio formé autour des frères Acher, Marckus et Micha, et de Cico Beck -, on peut difficilement reprocher à The Notwist de ne pas évoluer. Passé d'un post-punk mâtiné de grunge à la Dinosaur Jr au début des années 90 à une tendance plus jazz à la fin du siècle dernier, leur musique s'est faite plus électronique au fil du temps, pour devenir quasi planante aujourd'hui.
Sept ans après Close to the Glass qui vit les membres du band s'éparpiller ensuite de par le monde et les projets, Vertigo Days se révèle d'une remarquable fluidité tout au long des 14 morceaux, reliés par un fil ténu mais résistant, qui les voient emprunter des chemins divers: des très Grandaddy Into Love/Stars et Night's Too Dark d'un intimisme aérien, au long et hypnotique Into the Ice Age, ils développent des mélodies sinueuses à plaisir ( Oh Sweet Fire), colorées parfois très simplement de petites taches de son (le court instrumental Ghost, pas loin d'une association épurée Ryuichi Sakamoto, David Sylvian de l'époque) évitant le barbouillage.
L'impression aérienne, quasi psychédélique et paradoxalement tout à la fois retenue, est par ailleurs renforcée par les voix angéliques, notamment sur Sans Soleil.
Ces Teu-toniques apparaissent désormais un peu comme les héritiers de Tangerine Dream, voire semblent inventer sur cet album un nouveau genre: le krautrock low-file!