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Soins intensifs: l'absentéisme complique l'hospitalisation des patients Covid

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Le CHU Mont-Godine a dû fermer six de ses 28 lits USI par manque de personnel. Le problème n'est pas l'affluence des patients Covid, mais l'absentéisme pour cause de maladie qui réduit les capacités de prise en charge. Cette situation n'est pas exceptionnelle. On estime qu'actuellement en Belgique 5% des lits USI sont "perdus", c'est-à-dire indisponibles pour accueillir un patient. La tendance est aussi notable dans les services normaux des hôpitaux, avec là aussi une capacité réduite.

17 novembre 2021

B enoît Rondelet, directeur médical du site Godine du CHU UCL Namur, remarque que le nombre de patients Covid est actuellement important dans cet hôpital parce que nombre d'entre eux sont des patients immunodéprimés. "Le vaccin n'immunise pas contre les facteurs de risque. Indépendamment du vaccin utilisé, les patients immunodéprimés sont moins immunisés contre le Covid."

Le Dr Rondelet constate que l'hôpital est sous pression non pas en raison du nombre de patients Covid mais de l'absentéisme pour cause de maladie du personnel qui oblige l'institution à fermer des lits de soins intensifs. Le 9 novembre, six lits USI sur 28 étaient fermés. Il ne reste potentiellement que 20 lits de disponibles pour les patients Covid puisque deux lits USI sont d'office réservés pour la médecine tertiaire. Le directeur médical Rondelet souligne que son institution a dépassé la phase 1A: plus de 25% des lits USI sont occupés par des patients Covid. "Nous sommes déjà en phase 1A+", explique le directeur médical qui ajoute que "nous voulons soigner tout le monde. Nous ne comptons pas sélectionner les patients en refusant, comme le fait un hôpital gantois, les patients qui ne sont pas vaccinés. Sur quel critère ferait-on cette sélection? D'autant plus que, rappelons-le, la vaccination n'est pas obligatoire."

Manque de bras

Quant à l'absentéisme du personnel infirmier, le Dr Rondelet l'explique par la fatigue psychique et physique causée par des mois de pandémie et la difficulté de recruter du renfort, renforcée par l'allongement des études de nursing et la nouvelle rémunération IFIC. "Les jeunes n'ont plus envie d'exercer un métier pour lequel ils ne sont pas assez valorisés." L'hôpital a cependant mis en place une série de mesures pour soutenir les équipes: paiement d'une prime de 350 euros, administration d'une troisième dose de vaccin à ceux qui le désirent...

En théorie, les hôpitaux belges disposent de plus de 2.000 lits en soins intensifs mais, contrairement aux précédentes vagues de Covid-19, ce n'est pas tout à fait le cas dans la pratique. Il y en effet désormais trop peu de personnel pour les prendre en charge. "Nos marges s'amenuisent", résume Marcel Van der Auwera, le chef du département Aide d'urgence du SPF Santé publique et de l'Hospital &Transport Surge Capacity Comité - HTSC, qui surveille au quotidien la situation. "Nous n'avons pas d'aperçu des contaminations du personnel par hôpital, ni de l'absentéisme, mais les lits fermés que les hôpitaux nous communiquent donnent une image indirecte de leur capacité."

M. Van der Auwera reconnaît que certains lits ne sont pas disponibles aussi pour des raisons techniques, comme pour la rénovation d'une aile. "Mais soyons réalistes au sujet de ces chiffres en hausse: je ne pense pas que les hôpitaux envisagent la 4e ou 5 vague comme un moment idéal pour des travaux de rafraîchissement."

Les lits indisponibles se retrouvent dans tous les hôpitaux, que ce soit Bruxelles, Namur, Liège, Gand ou Louvain. Peu d'infrastructures échappent en outre à la pénurie de personnel.

La solidarité est toutefois à l'oeuvre entre collègues mais celle-ci pèse également, selon Marcel Van der Auwera, qui, capte aussi beaucoup de signaux de burn-out. "Les hôpitaux me rapportent cela car, quand les soignants sont appelés à rejoindre un département Covid, ils se portent aussi parfois malades. Ils n'en peuvent plus. D'autres jettent aussi l'éponge définitivement et cherchent un autre emploi. Ce qui est compréhensible: les décès quotidiens sont pour le grand public un fait divers, mais ces personnes sont confrontées à un nombre hors norme de mourants. Nous le sous-estimons."

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